Le ministre Bolduc : un vulgaire capitaliste ?

31 juillet 2014

Finalement, Dr Bolduc ne remboursera que 12% de la somme qui lui a été versée pour la prise en charge de 1 500 nouveaux patients à l’époque où il était devenu député de l’opposition.

Ce remboursement a été calculé en vertu d’une interprétation stricte des conditions imposées aux médecins pour la prise en charge rémunérée de nouveaux patients : ces derniers devaient être choisis sur la liste officielle des personnes sans médecin de famille et le professionnel devait s’engager à les soigner pour une période minimale de douze mois.

Cette période minimale a été choisie pour éviter de prolonger indument une situation conflictuelle entre le médecin et son nouveau patient. Exemple : si ce dernier devait s’avérer être un narcomane faisant des pressions indues sur son prescripteur afin d’obtenir sa drogue.

On a calculé combien de mois il restait à traiter ces nouveaux patients et on est arrivé à la somme de moins de 28 000$.

Dans les faits, un médecin est soumis non seulement à des obligations contractuelles (comme celles de la Régie), mais également à des obligations déontologiques.

N’importe quel médecin qui s’engagerait à prendre en charge de nouveaux patients moyennant une prime, qui les abandonnerait un an plus tard, qui en prendrait d’autres moyennant une nouvelle prime, qui les larguerait un an après, et ainsi de suite, respecterait sans doute à la lettre les exigences de la Régie mais violerait ses obligations déontologiques et serait passible de poursuites devant le Comité de discipline de son ordre professionnel.

Bref, un médecin ne peut pas se comporter comme un vulgaire capitaliste.

Depuis le début de ce scandale, le ministre de l’Éducation nuit à la crédibilité de son gouvernement, désireux d’assainir les finances publiques. Au tribunal de l’Opinion publique, le comportement du Dr Bolduc fait de lui une sorte de capitaliste « Bougon », désireux de « fourrer le système » à son avantage (pour reprendre les mots de la série télévisée).

Parce qu’il faut bien l’avouer : on n’aurait probablement jamais entendu parler de cette affaire si la rapacité du Dr Bolduc n’avait pas été dénoncée publiquement par l’ex-ministre Claude Castonguay, père de l’Assurance maladie au Québec.

Considérant le refus catégorique du Dr Bolduc de démissionner, si le chef du gouvernement devait prendre l’initiative de le démettre de ses fonctions ministérielles, quelle est la probabilité que le milieu de l’éducation en soit chagriné ?

Sur le même sujet : Le cas déplorable du Dr Bolduc


Bouleversement dans le traitement de l’hépatite C

30 juillet 2014

Le 28 juillet se tient la Journée mondiale contre l’hépatite. Cette année, cet événement prend une importance particulière puisqu’elle sert à faire savoir aux millions de personnes atteintes qu’on dispose depuis peu de nouveaux traitements extrêmement efficaces contre cette maladie.

Mais avant d’aller plus loin, expliquons d’abord ce qu’est l’hépatite.

L’hépatite est une inflammation du foie habituellement d’origine virale. On compte trois types d’hépatites virales, identifiées par les lettres A, B et C.

L’hépatite A est la plus fréquente et la moins dangereuse. Dans certains pays en voie de développement, son incidence est de 100%. Ses symptômes sont habituellement mineurs et elle confère une immunité à vie.

L’hépatite B et l’hépatite C se transmettent toutes deux lors de rapports sexuels et par contact avec du sang contaminé, notamment par le partage de matériel souillé par les utilisateurs de drogue injectables.

Ces deux types d’hépatite peuvent causer une cirrhose, puis le cancer du foie et rendre nécessaire une greffe hépatique; à lui seul, l’hépatite C est responsable de 26% des cirrhoses et 28% des cancers du foie.

S’il existe un vaccin contre l’hépatite A et B, il n’y en a pas contre l’hépatite C. Jusqu’à maintenant, les médicaments injectables utilisés contre cette dernière étaient très dispendieux, mal tolérés et n’avaient qu’une efficacité inférieure à 50%.

Mais depuis décembre 2013, on dispose de nouveaux traitements nettement plus performants.

Non seulement peuvent-ils se prendre par la bouche — et non par des injections — mais ils assurent la disparition de l’infection dans 90 à 100% des cas, alors que la résistance à ces antiviraux n’est pas encore apparue.

À l’heure actuelle, le traitement — qui dure trois mois — est constitué de la prise d’une association de deux médicaments  qui agissent sur le virus selon deux mécanismes différents.

Malheureusement, le prix de ces nouveaux produits est prohibitif. Au Canada, chaque comprimé de l’un d’entre eux — le sofosbuvir — coûte 700$ alors que chez nos voisins du Sud, c’est 933$ du comprimé. Chez eux, le coût total du traitement est de plus de 84 000$.

À travers le monde, on estime qu’environ 130 à 170 millions de personnes sont infectées de manière chronique par l’hépatite C.

À cause de leur longue, coûteuse et inefficace guerre contre la drogue, les États-Unis se sont retrouvés avec le plus important taux d’incarcération au monde.

D’environ 600 000 prisonniers en 1982, ce pays en a près de 2 250 000 trente ans plus tard, dont le sixième est porteur du virus de l’hépatite C.

Les relations homosexuelles plus ou moins consenties et l’usage clandestin de drogues dures ont créé un bassin de porteurs autant dans les prisons américaines que dans l’entourage de ceux qui ont été remis en liberté.

Si bien qu’entre 2,7 et 3,9 millions d’Américains sont aujourd’hui porteurs de cette maladie, à leur insu dans la moitié des cas. Dans ce pays, plus de personnes meurent de l’hépatite C que du Sida.

En raison des coûts extrêmement élevés des nouveaux médicaments destinés au traitement de l’hépatite C, si les États-Unis adoptaient une politique de dépistage et de traitement de tous ceux qui en sont infectées et qui passeront par le système correctionnel au cours des douze prochains mois, cela représenterait une dépense de 152 milliards$.

Mais puisqu’on n’acquiert pas d’immunité contre l’hépatite C, les prisonniers ainsi guéris seraient aussitôt contaminés en retournant à leurs vieilles habitudes à leur sortie de prison.

Au Canada, environ 350 000 personnes sont infectées par l’hépatite C, dont seulement 14% sont Québécois (en dépit du fait que nous représentons 23% de la population canadienne).

Cette sous-représentation découle probablement du fait que le système judiciaire québécois recoure à l’incarcération de manière moins importante que dans les provinces anglophones, notamment quant à la simple possession de marijuana (complètement tolérée au Québec).

Références :
Curing Chronic Hepatitis C — The Arc of a Medical Triumph
Hépatite A
Hépatite C
Hépatite C : l’épidémie silencieuse
Journée mondiale contre l’hépatite
Responding to Hepatitis C through the Criminal Justice System
Therapy for Hepatitis C — The Costs of Success


Les feux d’artifice de l’Australie à Montréal, le 26 juillet 2014

28 juillet 2014

 
C’est sur une trame musicale composée d’extraits de films du réalisateur Baz Lurhmann (Moulin Rouge, Roméo et Juliette, Australia, etc.) que la firme Foti International Fireworks Pty Ltd a choisi de représenter l’Australie samedi dernier.

Il s’agissait d’un spectacle généreux et varié. J’ai été heureux de revoir notamment ces feux en forme de cœur, vers 2:30 — qu’on n’a pas vus depuis longtemps à Montréal — et remarquer (pour la première fois ?) ces grosses sphères bicolores dont une moitié s’illumine puis s’éteint, alors de l’autre moitié prend la relève (vers 2:55). Signalons également cette association de feux qui donnent l’impression de boules lumineuses qui explosent (plus tôt, vers 0:43).

Bref, un excellent spectacle.

Détails techniques de la vidéo : Appareil photo Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12mm F/2,0.


Pour plus d’informations : Calendrier des feux en 2014


Les feux d’artifice de la France à Montréal, le 23 juillet 2014

25 juillet 2014

 
Avant-propos

Pour des raisons de sécurité, on présente les feux Loto-Québec dans un parc d’attractions aménagé sur une île située à l’Est de Montréal. Cet isolement réduit considérablement les risques d’incendie.

À l’ouest d’un lac artificiel, les artificiers installent leur matériel. En face d’eux, de l’autre côté de ce lac, des estrades sont aménagées : le prix des billets y est d’environ 80$ (55 euros).

Théoriquement, c’est le meilleur endroit pour assister aux feux puisque ces derniers sont conçus pour être observés de ce point de vue.

Par contre, je filme les feux à 0,3km au sud-ouest de ce lac, d’un pont — le pont Jacques-Cartier — qui relie cette île à la métropole. L’endroit précis d’où je filme est représenté par le cercle rouge sur la carte ci-contre.

Cette distance et ce point de vue en hauteur me permettent d’avoir un champ de vision qui englobe à la fois les feux bas et une bonne partie de qui explose dans le ciel de Montréal.

Et parce que ce spectacle est filmé de côté, les feux près du sol sont toujours en bas, à droite de l’image, alors que les estrades, situées encore plus à droite, sont toujours hors champ.

Autre avantage : en été, les vents qui balaient la ville viennent du sud ou du sud-est. Conséquemment, jamais la suie et les gaz de combustion ne sont entrainés vers le pont où je me trouve.

Enfin, presque jamais.

Mercredi soir dernier, le vent venait au contraire de l’ouest. Mais un soudain changement de direction s’est produit précisément au moment où on venait de faire exploser des feux qui tombent lentement.

Sur le pont, des milliers de tisons brûlants ont alors bombardé les spectateurs dont une bonne partie s’étaient recroquevillés en petit bonhomme afin de se protéger (à 2:43 dans la vidéo).

Personnellement, je regrette moins la dizaine de brûlures d’un millimètre de diamètre qui ont troué mon coupe-vent que de ne pas avoir eu la présence d’esprit de photographier la légère panique qui s’était emparée des gens autour de moi.

Bref, beaucoup plus de peur que de mal.

Le spectacle

Sous le thème « Hommage à Nelson Mandella », les artificiers Brezac ont représenté la France.

Un spectacle caractérisé par ses feux variés, plusieurs paroxysmes et une longue et impressionnante finale pourraient très bien valoir à la France une des toutes premières places à cette compétition.

Détails techniques de la vidéo : Appareil photo Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12mm F/2,0.


Pour plus d’informations : Calendrier des feux en 2014


Les feux d’artifice des États-Unis à Montréal, le 19 juillet 2014

21 juillet 2014

 
C’est sous le thème de « Nuit de terreur » que la firme américaine Melrose Pyrotechnics a choisi de représenter les États-Unis.

Ce thème se justifie en raison de la trame musicale — qu’on entend peu dans cette vidéo — composée de thèmes de films d’horreur et d’extraits de musique pop comme « Thriller » de Michael Jackson ou « Ghostbusters » de Ray Parker Jr.

Cette firme avait obtenu la première place à Montréal en 2006 et, en raison de la qualité du spectacle qu’elle nous a présenté samedi dernier, pourrait très bien se retrouver parmi les gagnants cette année.

Seule la finale un peu faible pourrait empêcher cette firme de remporter l’une ou l’autre des deux premières positions. Reste à voir ce que la France nous réserve mercredi, de même que l’Australie, samedi qui vient.

Détails techniques de la vidéo : Appareil photo Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12mm F/2,0.


Pour plus d’informations : Calendrier des feux en 2014


Le Fonds des générations ou Quand l’État spécule à la bourse

20 juillet 2014
© 2008 — Wikipedia

Historique

Le Fonds des générations a été créé en 2006 par le gouvernement Charest. Depuis ce temps, une partie des revenus de l’État y sont déposés annuellement.

Cette contribution sera de 1,3 milliards$ en 2014-5 et de 1,58 milliards$ en 2005-6.

Puisque l’équilibre budgétaire du gouvernement québécois a été rompu à la suite de la Grande récession de 2007 et n’a pas été rétabli depuis, la contribution au Fonds des générations accentue en apparence le solde déficitaire du budget du Québec.

À titre d’exemple, sans la contribution prévue au fonds de 1,3 milliards$ en 2014-5, ce déficit ne serait que d’un milliard$ au lieu de 2,35 milliards$.

Dans un fonds semblable, l’Alberta dépose une partie de ses surplus budgétaires. Dans le sien, la Norvège dépose une partie des revenus pétroliers.

Dans ces deux cas, il s’agit de gouvernements qui disposent de surplus budgétaires et qui en épargnent une partie dans le but d’avoir les moyens de faire face à des temps moins favorables, le cas échéant.

Le Québec est, au contraire, en situation de déficit budgétaire. On peut donc se demander quelle est la logique derrière la création de ce fonds.

En effet, au lieu de payer ses dettes, le Québec accentue son déficit accumulé en contribuant à ce fonds.

Motifs de la création du Fonds des générations

En 2006, au moment de la création de ce fonds, nous étions à la fin d’un long cycle boursier hautement spéculatif où tout investissement à la bourse rapportait davantage que les taux d’intérêt des bonds du Trésor.

En d’autres mots, si dix ans plus tôt, le gouvernement du Québec avait emprunté des milliards$ de plus afin de jouer à la bourse, cet investissement aurait rapporté davantage que le taux de ses emprunts. Bref, le Québec aurait fait de l’argent.

C’est à partir de ce constat simpliste que le gouvernement Charest a décidé de la création du Fonds des générations.

La réalité

En 2006-7, le fonds rapportait 0,99% alors que le taux de l’intérêt moyen pondéré de la dette coûtait 5,46%. En 2007-8, c’était respectivement 1,6% vs 5,04%.

En 2008-9, après l’éclatement de la bulle immobilière et la chute des marchés boursiers, c’était -21,88% vs +4,16%.

L’hebdomadaire Les Affaires écrivait en 2010 : "Le gouvernement a fait exactement la même chose qu’une famille qui, au lieu de rembourser ses dettes avec les allocations familiales qu’elle reçoit, place cet argent à la Bourse en espérant obtenir un rendement supérieur à l’intérêt payé sur ses dettes. S’il est chanceux, il fera un gain net. S’il perd de l’argent à la Bourse, il essuiera une perte."

De ces temps-ci, l’indice Dow Jones atteint des niveaux records (au-delà de 17 000 points). Conséquemment, il est à prévoir que le gouvernement libéral profitera de l’appréciation aussi importante que soudaine de la valeur du Fonds des générations pour justifier son existence.

Au contraire, le gouvernement actuel serait mieux avisé de profiter cette nouvelle bulle spéculative pour liquider ce fonds pendant qu’il en est encore temps et appliquer la totalité des sommes récupérées au remboursement de la dette.

À mon avis, il est inacceptable que l’État spécule avec l’argent des contribuables. Les sommets boursiers actuels lui fournissent une excellente occasion de mettre fin à cette anomalie. S’il néglige de le faire, il portera l’odieux de ce qui surviendra.

Références :
Fonds des générations: un travail de (très) longue haleine
La Bourse est-elle en train de perdre la boule?
Les malheurs du Fonds des générations


La délocalisation de la recherche biomédicale

18 juillet 2014

En dollars constants, les dépenses de recherche et de développement dans le domaine biomédical ont diminué annuellement de 1,9% aux États-Unis et de 2,6% au Canada entre 2007 et 2012.

En dépit de cela, les États-Unis demeurent, de loin, le principal pays où se fait cette recherche; il s’y dépensait 119,3 milliards$ (soit 45,4% de la recherche mondiale) en 2012, comparativement à 131,3 milliards$ (ou 51,2% de la recherche mondiale) en 2007.

Lorsqu’on analyse en détail cette diminution, on réalise que dans ce pays, le secteur privé a diminué ses investissements de treize milliards$ — passant de 83,3 milliards$ en 2007 à 70,4 milliards$ en 2012 — alors que le secteur public a relativement maintenu les siens à hauteur d’environ 48 milliards$.

En Europe, cette diminution a été insignifiante, de l’ordre de 0,4% annuellement; les investissements publics et privés furent de 81,8 milliards$ en 2012, comparativement à 83,6 milliards$ en 2007.

Au contraire, la recherche biomédicale s’est accrue en Extrême-Orient. En pourcentage, la croissance annuelle a été de 32,8% en Chine, 11,4% en Corée du Sud, 10,0% à Singapour, 6,7% en Inde, 5,7% au Japon et 5,2% à Taïwan.

Si bien qu’on dépensait dans cette partie du Monde environ le tiers des sommes dépensées aux États-Unis en 2007, mais presque la moitié en 2012. L’écart entre l’Asie et l’Amérique est encore moindre si on tient compte qu’on fait plus de recherche avec chaque dollar dépensé en Chine qu’aux États-Unis.

En Asie, l’Inde se distingue par le fait que l’État dépense peu, mais de manière constante. Dans ce pays, la croissante des dépenses en recherche biomédicale a été à l’initiative exclusive de l’industrie entre 2007 et 2012.

Dans les autres pays asiatiques, la croissance des dépenses a été partagée par l’État et l’industrie mais a été plus importante dans le secteur privé.

Après le transfert de la synthèse des principes actifs et de la fabrication des formes pharmaceutiques depuis une décennie, ces données indiquent que l’industrie pharmaceutique a entrepris la délocalisation de ses dépenses en recherche et développement à la suite de la Grande récession de 2007.

Référence : Asia’s Ascent — Global Trends in Biomedical R&D Expenditures


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