Voyage à Paris : jours 22 et 23

29 octobre 2014

Le dernier jour de ce voyage est consacré au quartier de Montmartre.

Comme je l’ai expliqué précédemment, les circuits que j’effectue au cours de ce voyage sont basés sur le coffret 50 itinéraires dans Paris. Dans le cas précis de Montmartre, les deux circuits suggérés partent du bas vers le haut.

Cela veut dire que j’ai passé la journée à monter des marches ou à escalader des rues à pic. Bref, après un tel entraînement, je me sens presque prêt pour les prochains Jeux olympiques.

Le premier site touristique que je visite est le Musée de Montmartre.

Vignoble de Montmartre, vu du musée

Ce musée montre la contribution de Montmartre à la notoriété de Paris. Il est centré sur le Montmartre grouillant, révolutionnaire et créatif de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

De nos jours, les rues qui entourent la Basilique du Sacré-Coeur offrent plutôt le spectacle d’un Montmartre « macdonalisé ». On y trouve de boutiques de souvenirs, des restaurants et de nombreux artistes qui offrent de vous immortaliser dans un croquis pour quelques euros.

Immédiatement à l’ouest de la basilique se trouve l’Église Saint-Pierre de Montmartre. On y accède par une rue encore plus à l’ouest, soit la rue St-Éleuthère.

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Consacrée en 1147, cette église médiévale est une des plus vieilles de Paris. Au moment de ma visite, on s’affairait à en nettoyer la façade.

Dépouillé, l’intérieur est lumineux et propre comme si ce temple venait d’être achevé. Les fenêtres sont décorées de vitraux modernes puisque ceux d’origine ont été détruits par une bombe au cours de la 2e Guerre mondiale. L’autel est un cube, également moderne, richement décoré. L’intégration entre ce qui est vieux et ce qui est récent est parfaitement réussie.

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À la suite d’un soulèvement populaire — la Commune de Paris (dont Montmartre fut un des hauts lieux) — on crut bon élever une immense église destinée à rappeler aux gens de Montmartre la puissance de Dieu. Cette église est le Sacré-Coeur de Montmartre.

Avec plus de dix millions de pèlerins et visiteurs par an, c’est le second monument de France le plus visité après la cathédrale Notre-Dame de Paris.

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À l’exclusion des bancs, en bois, presque tout dans cette église est en dur, c’est-à-dire en pierre de taille ou en mosaïque. J’oserais dire que la basilique a été conçue à l’épreuve d’émeutiers. Indépendamment des raisons politiques qui ont justifié l’érection de cette basilique, pour nous, simples touristes, Sacré-Coeur est une oeuvre d’Art.

Il y a une décennie, Sacré-Coeur avait ses préposés spécialement affectés à la tâche de débusquer ceux qui osaient enfreindre l’interdiction de photographier l’intérieur — superbe — de la basilique. De nos jours, il y a davantage de préposés mais il est clair qu’ils ont perdu la bataille depuis la généralisation des téléphones multifonctionnels.

J’ai donc fait deux fois le tour de l’intérieur de la basilique. La première fois en respectant l’interdit et la seconde fois en faisant comme tout le monde.

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Non loin, au 56 rue des Trois-Frères, on peut voir l’épicerie devenue célèbre grâce au film Le Fabuleux destin d’Amélie Poulin.

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Au 19 rue des Abbesses s’élève l’église St-Jean-de-Montmartre, une église qui a fait scandale au moment de son inauguration en 1904. C’est la première église de Paris en béton armé.

Mais ce n’est pas pour cela qu’elle a fait scandale. L’église, construite dans un quartier ouvrier, a été entièrement réalisée avec des matériaux « pauvres »; la brique au lieu de la pierre de taille, des pastilles de céramique colorées au lieu de ces pierres précieuses qui semblent orner sa façade, une architecture de béton assumée et une influence byzantine et maghrébine totalement étrangère à la mode Beaux-Arts qui prévalait alors.

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L’intérieur, anthracite, est l’antithèse exacte de la Basilique du Sacré-Coeur. Je vous préviens : St-Jean-de-Montmartre est une église comme vous n’en avez jamais vu…

Deux rues plus bas que le rue des Abbesses, c’est le boulevard de Clichy. On passe alors de Montmartre à Pigalle. Doit-on y voir un fait significatif : le Dieu des ouvriers loge sur une rue (celle des Abbesses) alors que l’enfer du sexe triomphe sur un boulevard (celui de Clichy).

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C’est donc sur ce boulevard que se dresse le Moulin Rouge. Je n’ai pas vu les spectacles renommés qu’on y présente mais extérieurement, l’allure de ce cabaret est presque décevante.

Le long du boulevard se succèdent les supermarchés érotiques et les bistros fort honorables destinés à sustenter ceux qui y déambulent.

Puisque j’ai vraiment aimé Le Chapeau de paille d’Italie, j’aimerais acheter le DVD produit par la Comédie française. Leur boutique sous la pyramide du Louvre est ouverte le lundi jusqu’à 19h. Je m’y rends.

Il n’en reste plus qu’une copie. C’est la production actuelle qui a été filmée, donc celle que j’ai vue sur scène. J’achète également un autre DVD recommandé par la vendeuse. Je reviendrai donc avec 18 pièces de théâtre, de quoi agrémenter les longs moins d’hiver sibérien… pardon canadien… qui m’attendent.

De retour à l’hôtel, je m’achète un sous-marin dinde et jambon de 30cm chez Subway (5 euros). Je rédige en partie le texte que vous lisez.

Demain, mon programme est simple. Puisque mon avion décolle à 17h25, je dois être à l’aéroport à 14h25, ce qui me laisse le temps de faire mes valises en matinée et peut-être visiter le Musée Picasso.

Mais à 3h du matin, je me rappelle soudainement d’un bogue dans l’agenda électronique iCal d’Apple. Tout mon voyage avait été programmé de Montréal. Mais en changeant de fuseau horaire, iCal reprogramme le tout.

Concrètement, une pièce ou un concert programmé à 20h devient programmé comme s’il avait lieu à cette heure-là à Montréal, donc le jour suivant en pleine nuit à Paris. J’avais péniblement fait la correction pour tous mes concerts. Mais je ne l’avais pas fait pour mon vol de retour.

En lisant le texte de la confirmation d’Air Transat, ma crainte se confirme : mon vol est à 12h25 et non à 17h25. Je dois être à l’aéroport à 9h25. Je fais donc mes valises en pleine nuit et, sous le coup de l’énervement, n’arrive plus à me rendormir.

Je prends le petit déjeuner à l’hôtel, règle la note et prends le taxi pour l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle (51 euros).

À l’aéroport, le papier de toilette possède la douceur du papier sablé le plus fin. Je regrette ne pas m’en avoir apporté au Canada pour polir mes meubles…

Le voyage de retour se fait sans problème. Ce qui fait que je reviens à Montréal tout imprégné des souvenirs enchanteurs de la capitale française.

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 26 mm
3e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 125 — 12 mm
4e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 21 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 25 mm
6e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 21 mm
7e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
8e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 12 mm
9e  photo : 1/1200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm


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Voyage à Paris : jour 21

27 octobre 2014

Ce matin, non seulement on change d’heure, mais je change de régime.

Jusqu’à maintenant, je mangeais le pain (sans beurre ni confiture) accompagné de jus d’orange. Puis je buvais une tasse de café. Ce matin, je tartine les rillettes de canard — achetées hier soir dans le Marais — sur le pain, que je mange en buvant mon café. Puis je bois le jus d’orange tranquillement en rédigeant mon compte-rendu d’hier.

Évidemment, c’est un repas dispendieux; 7 euros pour le petit déjeuner de l’hôtel et 5,9 euros supplémentaires pour les rillettes, cela fait 12,9 euros. Dans mon cas, cela vaut ce prix puisque ce repas, plus gras, calme la faim beaucoup plus longtemps; je n’aurai faim que vers 14h. De plus, grâce au 20% de foie de canard que ces rillettes contiennent, j’ai toute les vitamines A, D et B dont j’ai besoin pour la journée.

Le changement d’heure signifie que je ne peux plus me permettre de rédiger le résumé de ce que j’ai fait la veille jusque tard dans la matinée. Dès 11h, je quitte l’hôtel, mon compte-rendu déjà publié.

Aujourd’hui, il fait beau. Donc j’irai à l’Institut du monde arabe. Non pas parce que cet édifice ne peut être apprécié qu’au soleil, mais parce qu’il est à proximité du Jardin des plantes et que je compte y faire de la photographie infrarouge.

Mais d’abord je mets le cap sur le Musée du quai Branly.

Je me rends au métro Maubert-Mutualité et je marche le boulevard St-German vers l’ouest. Ce dimanche matin, cette rue est presque déserte. Les boutiques — dont beaucoup sont consacrées aux grands couturiers et à la décoration intérieure (surtout la cuisine) — sont fermées.

Au coin de la rue des Saint-Pères, il y a tellement de monde à la cathédrale ukrainienne St-Vladimir-le-Grand, qu’une trentaine de personnes doivent écouter la messe sur le trottoir.

Un peu plus loin, je tombe sur l’église Saint-Thomas-d’Aquin. C’est une église que j’ai déjà vu en 2004, mais qui m’a séduite comme si c’était la première fois.

Plus tôt au cours de ce voyage, je vous ai dit que si jamais vous visitez Paris, dès qu’un clocher apparait dans votre champ de vision, allez-y. Vous avez des bonnes chances d’y découvrir un lieu extraordinaire.

Saint-Thomas-d’Aquin fait partie de ces innombrables églises parisiennes méconnues qui sont des oeuvres d’Art.

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Chapelle Saint-Louis (derrière de choeur)

Derrière une façade baroque, l’intérieur contient des créations de nombreux lauréats du Prix de Rome. Pourtant, leurs contributions s’intègrent harmonieusement à l’édifice.

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Finalement, j’atteins le Musée du quai Branly. Ce musée est situé à proximité de la tour Eiffel. Il me reste trop peu de temps pour le visiter. Mais ce musée possède son propre jardin et c’est lui qui m’intéresse. Il fait soleil et j’adore prendre des photos infrarouges.

Végétalisation d’un mur extérieur du musée

Très majoritairement, les Parisiens trouvent que leur ville n’est pas assez verte. Les Montréalais pensent la même chose de la leur (même si Montréal, à l’exclusion du Centre-ville, est considérablement plus verte que Paris). On peut donc présumer que végétaliser est à la mode dans de nombreuses villes.

Le Musée du quai Branly nous en donne un bon exemple. Puisque les Parisiens détestent faire les choses d’une manière banale, il ne s’agit pas ici d’une simple paroi végétalisée; strictement parlant, c’est une mosaïculture.

Je prends ensuite le RER pour me rendre à la station St-Michel, acheter un sandwich au jambon, fromage et tomate pour 3,5 euros et parcourir le boulevard St-Germain vers l’Est.

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Attiré une fois de plus par un clocher, j’aboutis à l’église St-Nicolas-du-Chardonnet. Celle-ci a été construite entre 1656 et 1763.

Dans toutes les églises anciennes de Paris, les fidèles ne s’assoient pas sur des bancs (comme au Québec), mais sur des chaises. Parfois, une série de chaises plus basses leur fait face : ce sont des agenouilloirs. Lorsqu’il n’y en a pas, les fidèles s’agenouillent sur la pierre froide.

À l’extrémité Est du boulevard St-Germain, se trouve l’Institut du monde arabe. C’est une vitrine que se sont offerte vingt pays afin de montrer la richesse de leur culture. J’ai visité ce musée il y a une décennie et on en sort convaincu de la supériorité de la civilisation arabe sur la nôtre avant la Renaissance.

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Iris, vus de l’intérieur de l’édifice

L’édifice a été conçu par Jean Nouvel, un des plus brillants architectes actuels. C’est un de ses chefs-d’œuvre. La façade sud de l’édifice est inspirée des grillages de bois placés aux fenêtres des maisons traditionnelles arabes, et qui sont destinés à filtrer le soleil. Cette façade du musée est composée de 1 600 iris de métal dont l’ouverture est contrôlée par des cellules photo-électriques.

Je marche ensuite le long de la Seine, dans le Jardin Tino-Rossi. C’est un parc de sculptures modernes. Dans cet endroit plaisant, les gens viennent s’assoir en regardant la Seine, d’autres pour pêcher, faire du vélo, se promener avec des patins à roues alignées ou faire du jogging. Au moment de ma visite, dix couples y dansaient le tango.

Je vais ensuite au Jardin des Plantes. C’est à la fois un jardin botanique et un jardin zoologique. Je n’ai pas visité le zoo, présumant que les animaux sont les mêmes que partout ailleurs. Quant à la visite des serres — que j’ai faite pour six euros — elle n’en vaut pas la peine.

Beaucoup de visiteurs se pressent dans les jardins extérieurs gratuits. C’est un endroit agréable à visiter par temps ensoleillé, ce qui est le cas aujourd’hui.

Située à proximité, la rue des Arènes porte ce nom en raison des ruines des arènes romaines qui s’y trouvent. De nos jours, les joueurs de pétanque, de badminton, de ballon-panier, ou simplement de guitare ont remplacé les gladiateurs qui s’y affrontaient.

Au 14 rue Lacepède, à La Route du thé, je m’achète 100g de thé d’Assam Mangalam pour 12,6 euros.

Sur la rue Georges-Desplas se dresse la Grande Mosquée de Paris. Contrairement à toutes les autres mosquées que j’ai vues à travers le monde, celle-ci est ouverte au public (sauf la salle des prières qui n’est accessible qu’aux Musulmans).

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Salle des prières

Construit de 1922 à 1926, ce lieu est décoré d’arabesques (en céramique ou en pierre taillée), et agrémenté de jardins et de fontaines. La mosquée s’organise autour d’un grand patio protégé des intempéries par un toit de verre. Adjacente au patio, la salle des prières, d’inspiration maghrébine, est richement décorée.

Je remonte la rue piétonne Mouffetard et tourne à la rue Lacépède pour prendre le métro Place Monge. Au passage sur la rue Mouffetard — une des rue commerciales les plus agréables de Paris — je m’achète une crêpe au fromage et au jambon pour trois euros. Je demande au cuisinier de faire la crêpe non pas à la farine de sarrasin, mais à partir de son mélange pour crêpes sucrées. C’est ainsi qu’on m’avait fait la première crêpe que j’ai mangée à Paris en 2003. J’apporte la crêpe à ma chambre. Elle sera encore tiède à mon arrivée.

J’en profite pour ouvrir une bouteille de blanc que j’ai achetée la veille à l’épicerie pour 4,6 euros et qui dort depuis sur le bord de ma fenêtre. C’est un Saint-Pourçain. Cette appellation d’origine protégée — introuvable au Québec — est réalisée à partir de Chardonnay et d’un cépage spécifique à l’appellation, soit du Tressalier.

Le résultat est un blanc qui possède assez peu de caractère mais qui, justement, se boit comme du champagne. Il fera mon bonheur pour accompagner ma crêpe.

Je pars ensuite pour la rue Saint-Antoine pour trois raisons. M’acheter deux autres pots de 120g de rillettes de canard pour 11,8 euros aux Ducs de Gascogne : le patron m’offre gratuitement 65g de terrine de homard aux agrumes pour me remercier de ma fidélité.

Je retourne au bistrot L’Ardoise 86 afin de payer le verre de vin qu’on a oublié de me facturer hier soir.

Finalement, je vais au magasin Disk King St-Paul me procurer cinq autres DVDs de pièces de théâtre filmées à la Comédie française pour 7,9 euros chacun.

Je rentre ensuite à l’hôtel pour la nuit.

Détails techniques : Appareil Panasonic GH1 transformé pour prendre des photos infrarouges et objectif Lumix 14-42mm II (la 3e photo), et appareil Olympus OM-D e-m5, objectifs Lumix 7-14mm (la 4e photo) et M.Zuiko 12-40mm F/2,8 (les autres photos)
  1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 15 mm
  2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 12 mm
  3e  photo : 1/160 sec. — F/6,3 — ISO 100 — 14 mm
  4e  photo : 1/160 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 7 mm
  5e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 12 mm intérieur
  7e  photo : 1/2000 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 12 mm
  8e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
  9e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 16 mm
10e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 19 mm


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Voyage à Paris : jour 20

26 octobre 2014

Je compte photographier l’Institut du Monde arabe en raison de son architecture. Cela devait être aujourd’hui mais en mettant le nez dehors, il pleut. C’est la troisième fois que je prends mes vacances à Paris en octobre et il n’a jamais autant plu.

L’idée de passer encore une autre journée à marcher sous la pluie m’indispose. Changement de programme. J’irai au Musée du Louvre. Au chaud et au sec. Déjà je me sens de meilleure humeur.

À la billetterie, je suis consterné de voir à quel point c’est mal organisé. Il y a une décennie, des distributrices automatiques de billets s’alignaient sur tout un pan de mur. Acheter un billet prenait à peine quelques minutes.

Maintenant, ces distributrices ont disparu. On ne les a pas enlevées; on les a cachées derrière les longues files d’attente. Vous faites la queue pendant vingt minutes et arrivés près du guichet, vous découvrez ces distributrices. Dans l’image ci-dessous, ces distributrices sont à droite de la billetterie; l’adulte au fond qui se penche vers l’avant nous permet d’en entrevoir une.

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De plus, je ne comprenais pas pourquoi il fallait des guichets différents selon le nombre de « tickets » qu’on achète (3 ou 4 dans le cas ci-dessus). En réalité, le chiffre n’indique pas le nombre de billets souhaités mais le numéro de la billetterie; ce sont les billetteries No 3 et No 4.

Cette perte de temps ne diminue pas l’achalandage du musée, mais cela affecte le temps résiduel de chaque visiteur pour apprécier les trésors qu’il renferme.

Tout voir du Louvre prendrait des semaines. Je choisis de visiter l’aile Richelieu pour une raison : revoir la Cour Marly.

Marly était le nom d’un petit château dans lequel Louis XIV aimait se réfugier en toute intimité. En ruine, ce château a été complètement détruit au XIXe siècle. Seules subsistent quatre sculptures — en réalité quatre chefs-d’oeuvre — qui ornaient les grilles donnant accès au château.

Les copies de ces sculptures sont dispersées de part et d’autre de la Place de la Concorde, à l’intersection de la Grande Perspective. Les originaux sont au Louvre. Une cour « extérieure » (maintenant recouverte d’un toit de verre) leur est consacrée.

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Il y a une décennie, il fallait traverser une série de couloirs bas et sombres pour finalement aboutir à cette immense salle lumineuse dans laquelle sont disposés les chevaux de Marly. Le contraste, théâtral, était spectaculaire.

Je monte au deuxième étage, consacré successivement à la peinture ancienne du nord-ouest de l’Europe et de la France. Je vois le tout d’un pas alerte. J’ai vu tout cela il y a dix ans.

La surprise vient lorsque je descends au premier étage, que je n’ai jamais vu. Quel choc. On y présente des objets archéologiques dans une enfilade de salles d’une beauté spectaculaire. Ces salles portent collectivement le nom de musée Charles X.

Dans la Deuxième salle du musée Charles X
Plafond de la troisième salle du musée Charles X

La concurrence visuelle est presque cruelle entre ces statuettes égyptiennes monochromes et ces vases grecs, emprisonnés dans leurs vitrines, et d’autre part les salles somptueuses dans lesquels ces objets sont exposés. Au risque d’insulter tous les archéologues de ce monde, j’ai passé la majorité de mon temps à photographier des plafonds et à ignorer les trésors archéologiques du musée.

Plafond de la Chambre de parade

Suivent la Chambre à alcôve et la Chambre de parade. Décorées de boiseries d’origine, elles donnent une assez bonne idée du décor dans lequel vivait Louis XIV au Louvre, avant que la cour ne déménage à Versailles. La décoration incorpore des éléments créés spécifiquement pour le Roi-Soleil avec des boiseries sculptées antérieurement.

En gros, c’est comme des pièces d’apparat de Versailles, mais en bois plutôt qu’en marbre.

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Toute une section du musée est consacrée aux Arts décoratifs. Il s’agit de deux enfilades d’une multitude de pièces de style Louis-XV (c’est-à-dire rococo) décorées avec ce que les artisans français de l’industrie du luxe produisaient de mieux.

Bouclier milanais d’apparat sous le thème de Laocoon et ses fils (en acier, or, argent et laiton)

Ma visite se termine par une petite section d’armes et armures.

Puis je me rends dans le Marais dans le but d’acheter un billet pour Le Bourgeois gentilhomme présenté dans un petit théâtre. Malheureusement la troupe ne joue qu’en après-midi.

J’en profite pour faire quelques achats sur la rue St-Antoine (qui n’est rien d’autre que le nom que porte la rue de Rivoli dans sa section la plus à l’Est).

Chez Disc King, je m’achète sept DVDs d’enregistrements de pièces jouées par la Comédie française : on les vend ici à 7,9 euros alors qu’ils se vendent 13 euros à la boutique de la Comédie française située sous la pyramide du Louvre. À noter, Disk King déménagera bientôt au 224 rue des Pyrénées (près du coin nord-est du cimetière du Père-Lachaise).

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Je prends le repas du soir au bistrot L’Ardoise 86 : rillettes de canard, tagliatelles au saumon et verre de rouge pour 19,5 euros.

Depuis qu’il est interdit de fumer dans les restaurants, les Parisiens mangent beaucoup à la terrasse des restaurants. Il y a une décennie, c’était l’inverse; même s’il faisait moins froid qu’au cours de ce mois d’octobre, j’étais parfois le seul à manger à l’extérieur.

À quelques pas, je m’achète une pâtisserie aux pistaches et au cassis chez Miss Manon pour environ 3 euros, que je mange sur la rue.

Toujours sur la rue St-Antoine, aux Ducs de Gascogne, je me procure 45g d’authentique piment d’Espelette en poudre (8,9 euros) et 120g de Rillettes de canard à la royale (contenant 20% de foie gras de canard) pour 5,9 euros. Les rillettes seront tartinées demain matin sur mon pain au petit déjeuner.

Puis, heureux, je rentre me coucher.

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, objectifs Lumix 7-14mm (les 4e et 6e photos) et M.Zuiko 12-40mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm
2e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 12 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/4,0 — ISO 1600 — 7 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 12 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/4,0 — ISO 2500 — 10 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 21 mm
8e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 23 mm


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Voyage à Paris : jour 19

25 octobre 2014
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Dans le petit parc adjacent à l’église Saint-Germain-des-Prés, la ville de Sèvres (reconnue pour sa porcelaine fine) s’est invitée en créant une charmante murale Art nouveau. D’une certaine manière, c’est l’équivalent d’une affiche publicitaire.

L’église Saint-Germain-des-Prés combine des éléments d’époques très différentes. Tel qu’il apparait aujourd’hui, son intérieur est le fruit d’une expérience réalisée au XIXe siècle. À cette époque, on a découvert que les églises médiévales étaient peintes, à l’extérieur comme à l’intérieur.

De manière éphémère, de nos jours, on peut utiliser du Light Painting pour avoir une idée de ce à quoi cela ressemblerait. Mais au XIXe siècle, le seul moyen de le savoir, c’était d’essayer. L’essai a eu lieu à Saint-Germain-des-Prés.

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Si on possédait une machine à remonter le temps, je ne suis pas convaincu que cette église ressemblait à cela au Moyen-Âge. Mais le résultat est intéressant dans la mesure où il reflète une époque médiévale telle que fantasmée par les artistes du XIXe siècle.

Orgue, chaire, statues et bas-reliefs de différents styles se mêlent ici de manière fascinante.

Le 8 décembre 1658, c’est dans cette église que François de Montmorency-Laval est nommé vicaire apostolique de la Nouvelle-France et sacré évêque.

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Je me promène ensuite dans les rues au nord de cette église, où se trouvent de très nombreuses galeries d’Art. Chez Lupicia, on procède à la cérémonie du thé dans un salon (au fond, à gauche de l’image) pendant qu’au premier plan, on voit la boîte de 50g de thé que je finirai par acheter pour sept euros.

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Fouineur, comme toujours, je me rends au Palais des Études situé à l’École nationale des Beaux-Arts. Sa mezzanine est décorée de fresques néo-renaissance et de statues antiques. C’est sur les marches de ce palais, il y a dix ans, que j’avais savouré le Baiser, une pâtisserie aujourd’hui discontinuée que je m’étais procurée chez Ladurée, dont la boutique est également située sur la rue Bonaparte.

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À deux pas, plus précisément au 6 rue Bonaparte, on trouve la parfumerie Buly. La marque actuelle a perdu un de ses eux « L » pour ne pas effrayer une clientèle anglophone (bully signifiant brute). Signalons que l’officine du parfumeur et apothicaire Jean-Vincent Bully servit de modèle à Balzac pour son roman César Birotteau.

Je prends le métro jusqu’à la station Cardinal-Lemoine pour atteindre le but ultime de la journée; visiter l’église Saint-Étienne-du-Mont. En 2003, j’avais été soufflé par la beauté de cette église.

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Construite de 1494 à 1624, son extérieur combine harmonieusement des éléments de différents styles. Mais son intérieur vaut pour son immense jubé — le seul qui subsiste à Paris — véritable dentelle de pierre de style Renaissance.

Tout dans cette église est un enchantement; les clés de voûte, les vitraux de style Renaissance, les confessionnaux, la chaire, etc.

Après avoir visité l’église Saint-Médard (construite du XVe au XIIIe sièecle), je remonte la rue piétonnière Mouffletard. C’est une des plus anciennes rues de la ville; elle remonte au néolithique, parait-il (je n’y étais pas). Son marché s’y tient depuis des siècles. On y trouve de tout.

Après avoir acheté une autre boite de thé d’Assam, cette fois de 100g chez Dammann pour 12,5 euros, je prends le repas du soir aux Saveurs de Savoie : entrée de saumon fumé, côtelettes d’agneau, verre de rouge de Cahors, glace aux framboises et café allongé pour 24,6 euros. Tout était bon.

Je file me changer à l’hôtel et j’arrive juste au Théâtre des Champs-Élysées pour le concert de l’orchestre Les Violons du Roy accompagné, en deuxième partie, du pianiste Alexandre Tharaud. Au programme, Mozart et Haydn.

Je suis placé dans une baignoire. Alors, c’est quoi, une baignoire ? C’est une loge ronde située au parterre, de part et d’autre de la scène. Au premier rang de ma baignoire, la visibilité est parfaite. Me trouvant en diagonale par rapport à la scène, je vois très bien les indications du chef (qui dirige de mémoire, sans baguette).

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Les Violons du Roy est un orchestre qui joue sur des instruments modernes mais à la manière des groupes qui utilisent des instruments d’époque. Leur interprétation de Mozart (notamment) est d’une virtuosité et d’une cohésion parfaite. On difficilement mieux interpréter ce compositeur. Dans Haydn, le groupe ose une dynamique (l’écart entre les notes les plus fortes et les plus faibles) aux limites du possible.

Bref, un concert impeccable.

Je rentre ensuite à l’hôtel pour la nuit.

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
  1re photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 16 mm
  2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 21 mm
  3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 20 mm
  4e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  5e  photo : 1/60 sec. — F/7,1 — ISO 200 — 14 mm
  6e  photo : 1/60 sec. — F/7,1 — ISO 6400 — 12 mm
  7e  photo : 1/200 sec. — F/7,1 — ISO 200 — 14 mm
  8e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 15 mm
  9e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 31 mm
10e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 23 mm


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Voyage à Paris : jour 18

24 octobre 2014

En raison de la publication tardive de mon compte-rendu d’hier, je quitte l’hôtel vers 12h45. En passant, je me prends un sous-marin chez Subway que je mangerai en chemin.

Mon premier circuit fait un « U » autour de l’Île de la Cité (là où se trouve Notre-Dame de Paris) alors que mon second est une promenade dans cette île.

C’est une occasion de voir les étals des bouquinistes de la Seine. Ceux-ci vendent des livres, des affiches, des gravures, des souvenirs et, fait nouveau, des serrures. Pourquoi des serrures ? Parce qu’il est devenu à la mode d’attacher des serrures à certains ponts de Paris, essentiellement ceux dont les parapets sont des grilles de métal (le pont de l’Archevêque et le pont du Carrousel).

Nef centrale de l’église Saint-Séverin

Puisque je passe à proximité, j’en profite pour revisiter l’église Saint-Séverin. Celle-ci a été construite entre le XIIIe et le XVe siècle. La première impression que laisse cette église est d’être sombre et sale. Pourtant c’est une église remarquable.

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Elle représente le triomphe du gothique flamboyant à Paris. Elle se compose de cinq nefs séparées par des rangées de colonnes. Conséquemment, il suffit d’un regard oblique pour avoir l’impression d’être dans une forêt de pierre. L’une de ces colonnes, au centre, derrière le choeur, est torsadée.

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La nef centrale est beaucoup plus haute que les autres et se compose de trois niveaux; le rez-de-chaussée (avec ses arches amples), le triforium (avec ses colonnettes) et les fenêtres hautes (décorées de vitraux gothiques).

Cette distinction entre la nef centrale, très haute, et les autres nefs, amples et plus basses, fait en sorte qu’à l’extérieur, on a l’impression d’une église trapue, atypique des églises gothiques.

Son buffet d’orgue, de style Louis-XV, date de 1745. Ses fresques, réalisées au XIXe siècle, ont perdu de leur éclat. Quant aux vitraux du rez-de-chaussée (du XIXe et XXe siècles), ils sont jolis mais sans intérêt.

Vers 14h30, j’ai faim. Je m’arrête au restaurant Flagrant Délice, situé à côté de l’église. Potage de légumes, côte de porc accompagnée de frites, tarte aux pommes et carafon de vin (insipide) pour seulement 14 euros.

Mon second arrêt est à la Sainte Chapelle. Au XIIIe siècle, l’empereur de Constantinople, Baudoin II, a désespérément besoin d’argent. Il accepte de vendre au roi de France Louis IX — le futur Saint Louis — la couronne d’épines du Christ et un fragment de la Sainte Croix.

Du coup, le roi de France acquiert un prestige inégalé dans toute la chrétienté. Pour entreposer ses précieuses reliques, il fait construire un immense reliquaire qu’est la Sainte Chapelle. Celle-ci est adjacente à l’ancien Palais royal qui, à l’époque, de trouvait sur l’Île de la Cité.

La Sainte Chapelle se compose de la Chapelle basse (accessible aux serviteurs et gens du peuple) et, au-dessus, la Chapelle haute (réservée à la famille royale), à laquelle on accédait directement en provenance du palais.

Chapelle basse

Tout l’intérieur de la Chapelle basse est peint. En dépit du fait que la décoration est abîmée par endroits (notamment toutes les surfaces que les visiteurs, depuis des siècles, peuvent toucher), le lieu est superbe, dominé par des teintes de bleu royal et d’or.

Chapelle haute

La Chapelle haute est littéralement une Bible illustrée. Ses vitraux racontent l’Ancien et le Nouveau Testament dans tous ses détails.

Il est inouï qu’un édifice si haut, soutenu seulement par des colonnettes de pierre, ait pu rester debout jusqu’à maintenant.

L’édifice est en restauration. L’extérieur et presque tous les vitraux ont été nettoyés. En comparaison avec ma visite d’il y a une décennie, la différence est appréciable. Mais l’intérieur de la Chapelle haute est présentement poussiéreux et encombré d’échafaudages.

Précisons que les reliques de la Sainte-Chapelle sont maintenant entreposées dans le trésor de Notre-Dame de Paris. La couronne d’épines (sans ses épines, coupées et envoyées dans différentes églises) est normalement dans un coffret en vermeil donné par Bonaparte. Cette couronne est exposée à la vue du public le premier vendredi de chaque mois.

Je visite ensuite la Conciergerie, située à proximité. Au rez-de-chaussée, on présente une exposition qui célèbre le 800e anniversaire de la naissance de Saint Louis.

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Un des objets présentés est cette châsse de St-Turin, en argent et cuivre doré sur armature de bois. Il n’a jamais appartenu au roi mais il est présenté dans cette exposition parce que c’est un des rares reliquaires monumentaux de l’époque de Saint Louis à avoir survécu.

Je visite ensuite les cachots de la Conciergerie, dont la cellule reconstituée de Marie Antoinette.

Sur la rue de Lutèce (du nom romain de Paris), des fleuristes offrent des plantes en pots et des semences.

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Je passe ensuite devant Notre-Dame de Paris (que je ne visite pas, par manque de temps).

Je me rends au Théâtre Mogador acheter un billet (42 euros) pour la comédie musicale Le Bal des Vampires, dont la mise en scène est du cinéaste Roman Polanski. Auparavant, je prends le repas du soir à La Maison grecque où je prends une purée d’aubergines, deux brochettes de poulet et un expresso pour 17 euros.

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Cette comédie musicale preste et enjouée raconte une histoire d’amour pour adolescents (sur fond d’horreur tout en clins d’oeil). La chorégraphie est inspirée par moments du clip Thriller de Michael Jackson, les décors sont « gothiques » (au sens où les jeunes d’aujourd’hui l’entendent) et la musique est facile, empruntant à de vieux succès de la pop américaine (dont Total Eclipse of the Heart, originellement interprétée par Bonnie Tyler en 1983). Les spectateurs — de jeunes adultes pour la plupart — en sortent le sourire aux lèvres.

Crevé, je rentre à l’hôtel pour la nuit.

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 15 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 22 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 16 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 13 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 12 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 14 mm
7e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm
8e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 30 mm


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Voyage à Paris : jour 17

23 octobre 2014

Journée venteuse et froide. Aujourd’hui, je me suis fixé deux endroits à visiter : la Défense et la basilique Saint-Denis.

La Défense est un complexe immobilier moderne qui clôt à l’Ouest la Grande Perspective. Cette dernière est une ample voie de circulation, parfaitement rectiligne, qui s’étend sur plusieurs kilomètres entre le Louvre et la Défense.

Grande Perspective, vue de la Grande Arche

De chacune de ses extrémités, cette perspective semble s’arrêter à l’Arc de Triomphe Étoile-Charles de Gaulle. Mais en réalité, elle se poursuit au-delà.

Située juste au-delà du Paris intra-muros, la Défense est un ensemble de tours de bureaux et de centres commerciaux érigés à partir de 1958. De nos jours, 30 000 personnes y travaillent.

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Au centre de ce complexe, la Grande Arche est un immense cube ajouré. Son grand escalier monumental et tout le revêtement de l’intérieur de l’Arche est en marbre blanc.

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Je prends le repas du midi à La Brioche dorée : guiche au poulet et au citron (délicieuse), pâtisserie et verre de jus d’orange (au goût d’orange fraichement pressée) pour 8,7 euros.

Puis je prends le métro jusqu’à la basilique Saint-Denis. Cette église est d’une importance capitale. C’est l’acte de fondation du style gothique. Celui-ci règnera sur l’Europe pendant des siècles. Construite de 1137 à 1281, Saint-Denis est antérieure, par exemple, à Notre-Dame de Paris (1163-1330).

Tout débute par une invention technologique. L’arc ogival, c’est-à-dire en forme d’ogive. Réunissant plusieurs colonnes, cet arc peut supporter davantage de poids que l’arc en demi-lune utilisé jusqu’alors. Conséquemment, il permet des églises plus hautes.

Les cathédrales gothiques sont donc un élan vers le Ciel. Pour éviter que les fondations aient à supporter des murs trop lourds, on décide de percer ces derniers de très grandes fenêtres. Mais ce faisant, trop de lumière pénètre dans l’église, ce qui nuit au recueillement des fidèles. La solution ? On colore le verre; les fenêtres deviennent donc des vitraux.

Et toute cette cascade de décisions qui découlent les unes des autres donne naissance à un type d’édifice jamais vu : l’église gothique. Saint-Denis en est le premier exemple.

Mais qui est ce saint ? C’est le premier évêque de Paris. Il veut convertir au Christianisme les rois francs. Or ceux-ci ont leurs propres divinités et n’en veulent pas d’autres.

L’insolence de Denis fait qu’il est condamné à la décapitation. Celle-ci aura lieu sur la colline Montjoie située dans le quartier moderne de Montmartre.

Selon la légende, sitôt après l’exécution, Denis se redresse, trouve sa tête par tâtonnement, se la met sous le bras, et entame une marche de quelques kilomètres avant de s’effondrer mort (définitivement) à l’endroit précis où s’élève aujourd’hui la basilique qui porte son nom.

Si vous allez à cette église, prenez le temps d’en suivre la visite guidée. Les guides de cette basilique sont extrêmement compétents et vous apprendrez une multitude de faits intéressants.

Dalle de Clovis 1er (465-511)
Gisants de Charles V (1338-1380) et de Jeanne de Bourbon (1338-1377)
Priants de Louis XVI (1754-1793) et de Marie Antoinette (1755-1793)

Puisque cette basilique est devenue la nécropole des rois de France (ils étaient couronnés à Reims mais ensevelis à Saint-Denis), ces tombaux montrent l’évolution de la représentation funéraire, de la dalle tombale gravée, à la dalle sur laquelle repose le gisant (une sculpture du décédé, allongé sur le dos), puis le priant (agenouillé, les mains jointes). Suivent ensuite les monuments funéraires en forme d’arc de triomphe.

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Vous apprendrez qu’il ne reste rien des vitraux originaux de Saint-Denis. A la Révolution, ils ont été détruits parce qu’on avait besoin du plomb pour faire des balles. On n’a jamais retrouvé l’endroit où ont été ensevelis les morceaux de verre.

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Après cette visite, je reviens dans mon quartier pour profiter du Happy Hour au bar Le Quid, situé sur la rue de la Grande Truanderie (quel nom !).

Pourquoi au Quid ? Parce qu’il est moins achalandé et conséquemment, qu’on y est servi beaucoup plus rapidement que les bars mieux situés que lui. Je prends donc une flute de champagne à 5 euros. La serveuse ouvre la bouteille pour moi.

En soirée, j’ai un billet pour entendre un récital du ténor Rolando Villazon, (accompagné de la soprano Pumeza Matshikiza et de l’orchestre philharmonique Bohuslav Martinů). Mon siège est dans une loge du premier balcon. Il y a huit places dans cette loge, deux par deux. Je suis au troisième rang. La visibilité est très mauvaise. J’écoute le récital debout à l’arrière.

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À l’entracte, plutôt qu’une flute de champagne — j’en ai pris une plus tôt — je suis raisonnable et je choisis une glace sur bâtonnet de Kaspia Réceptions aux myrtilles, enrobée de chocolat rose, pour 5 euros. Comme cette glace sur l’affiche. C’est vraiment, vraiment très bon.

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Le ténor est excellent. Voix puissante et juste, souffle apte à soutenir une ligne vocale pendant une vingtaine de secondes, et charisme indéniable. Bref, un excellent concert.

Puis je rentre à l’hôtel pour la nuit.

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
  1re photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
  2e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  3e  photo : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 1250 — 22 mm
  4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 12 mm
  5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 20 mm
  6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 22 mm
  7e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
  8e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 40 mm
  9e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 21 mm
10e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 40 mm


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Voyage à Paris : jour 16

22 octobre 2014

Aujourd’hui, c’est une journée très venteuse caractérisée par des averses légères survenant brusquement, en alternance avec longues périodes nuageuses et de courtes apparitions du soleil.

Ce sera également une journée consacrée à l’ordinaire.

Elle débute avec la lessive. J’ai des chaussettes — qu’on appelle des bas au Québec — qui sont suspendues depuis deux jours dans ma chambre et qui ne veulent pas sécher. Je décide donc d’aller dans un lavoir. Dans l’évier de la toilette de ma chambre, j’en profite pour laver d’autres chaussettes qui attendaient leur tour, de même que divers articles (passons sur les détails).

Je mets le tout dans un sac de plastique et je fais route vers le lavoir le plus près. Vingt minutes de séchage (pour un total de deux euros) et tout est parfaitement sec.

Je prends le repas du midi dans un restaurant que je ne nommerai pas. Gaspacho et boeuf bourguignon pour 14,5 euros. Mais après trois cuillerées de gaspacho, je me rends à l’évidence : la soupe a fermenté. Beaucoup fermenté.

Le serveur me demande pourquoi je n’ai presque pas mangé cette soupe. Je lui dis que la soupe n’est pas fraiche. Le chef vient à ma table et proteste avec délicatesse : il a fait cette soupe ce matin.

Bref, après avoir réglé l’addition, le restaurant m’offrira un expresso gratuitement.

Bain public de la Butte-aux-Cailles
Sur la rue de la Butte-aux-Cailles
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Mon premier circuit est dans la Butte-aux-Cailles. C’est une partie de la ville située immédiatement au sud-ouest de la Place d’Italie. Rien d’extraordinaire. Un quartier tout simple qui a l’aspect d’une banlieue.

Mon deuxième circuit débute à la Place de la Bastille, le long du boulevard Richard-Lenoir. Mais je me trompe et prends plutôt le boulevard Beaumarchais. Ce dernier est l’endroit idéal pour acheter du matériel photographique de qualité. On n’y trouve pas que cela mais plus d’une boutique sur dix s’adresse aux photographes professionnels ou semi-professionnels.

En voulant reprendre mon chemin, je me trompe de nouveau. Voulez-vous me dire où j’ai la tête aujourd’hui ? Je passe sur la rue de Turenne, au nord de la Place des Vosges, qui aligne les boutiques de vêtements masculins, surtout des chemises.

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Finalement, j’emprunte le boulevard Richard-Lenoir et je serpente dans des rues à l’Est de la Place de la Bastille. Je tombe sur Bagelstein, d’origine alsacienne. Cette maison fait des bagels depuis 1789. Celle-ci possède plusieurs adresses à Paris.

Une note à droite de l’entrée de la succursale du 11 de la rue de Lappe nous apprend qu’à cet endroit, le 17 avril 1891 — retenez bien cette date — il ne se passa strictement rien…

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Plus à l’Est, toujours sur la rue de Lappe, on trouve une suite de restaurants et de bars, dont l’Havanita, décorée en hommage à la capitale cubaine. Plus loin, la façade du restaurant PatatiPatata offre le pittoresque d’une autre époque.

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Petit détail : marcher sur la rue de Lappe — recouverte de gros pavés lisses — est beaucoup plus agréable que marcher sur ces vieux pavés bombés qui rendent toujours l’équilibre un peu instable.

La rue Keller est peu invitante avec cette longue école grise qui en occupe tout un côté. Mais c’est la rue idéale pour l’amateur de manga puisqu’elle concentre en un seul lieu la majorité des boutiques de la capitale dédiées aux personnages de bandes dessinées japonaises.

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On n’y trouve pas que cela. À preuve, le restaurant marocain Le Souk, beau et invitant.

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Plus tôt au cours de ce voyage, je vous ai parlé des voitures électriques en libre service. Paris a aussi son service de bicyclettes en libre service, appelé Vélib.

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Dans une grande ville comme Paris, il est facile de perdre son chat ou même son mari. Voici un avis re recherche, publié il y a deux mois. Le mari en question est facile à reconnaître, grâce à la photo…

Vous aurez bien compris qu’il s’agit d’une plaisanterie.

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Et puisque cette journée est consacrée à l’ordinaire. Parlons des toilettes publiques de Paris. Elles sont jolies, assez bien situées, suffisamment nombreuses pour ne pas avoir à les chercher trop longtemps et surtout, elles sont propres et gratuites.

Les instructions sont en français, en anglais et en braille. La lumière verte « En service » ne veut pas dire que quelqu’un s’en sert, mais que la toilette est libre. On appuie sur le bouton « Accès » et la porte coulissante s’ouvre. Elle se refermera automatiquement. L’accès est limité à vingt minutes : ne comptez pas donc lire votre quotidien, assis sur le trône, pendant qu’une foule se tord d’envie à l’extérieur…

Soulagé, je rentre à l’hôtel pour la nuit.

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
  1re photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  2e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 21 mm
  3e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 16 mm
  4e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
  5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 12 mm
  6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  7e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  8e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  9e  photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 19 mm
10e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 24 mm
11e  photo : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 320 — 15 mm
12e  photo : 1/80 sec. — F/5,6 — ISO 500 — 30 mm


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