Les feux d’artifice des États-Unis à Montréal, le 19 juillet 2014

21 juillet 2014

 
C’est sous le thème de « Nuit de terreur » que la firme américaine Melrose Pyrotechnics a choisi de représenter les États-Unis.

Ce thème se justifie en raison de la trame musicale — qu’on entend peu dans cette vidéo — composée de thèmes de films d’horreur et d’extraits de musique pop comme « Thriller » de Michael Jackson ou « Ghostbusters » de Ray Parker Jr.

Cette firme avait obtenu la première place à Montréal en 2006 et, en raison de la qualité du spectacle qu’elle nous a présenté samedi dernier, pourrait très bien se retrouver parmi les gagnants cette année.

Seule la finale un peu faible pourrait empêcher cette firme de remporter l’une ou l’autre des deux premières positions. Reste à voir ce que la France nous réserve mercredi, de même que l’Australie, samedi qui vient.

Détails techniques de la vidéo : Appareil photo Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12mm F/2,0.


Pour plus d’informations : Calendrier des feux en 2014


Le Fonds des générations ou Quand l’État spécule à la bourse

20 juillet 2014
© 2008 — Wikipedia

Historique

Le Fonds des générations a été créé en 2006 par le gouvernement Charest. Depuis ce temps, une partie des revenus de l’État y sont déposés annuellement.

Cette contribution sera de 1,3 milliards$ en 2014-5 et de 1,58 milliards$ en 2005-6.

Puisque l’équilibre budgétaire du gouvernement québécois a été rompu à la suite de la Grande récession de 2007 et n’a pas été rétabli depuis, la contribution au Fonds des générations accentue en apparence le solde déficitaire du budget du Québec.

À titre d’exemple, sans la contribution prévue au fonds de 1,3 milliards$ en 2014-5, ce déficit ne serait que d’un milliard$ au lieu de 2,35 milliards$.

Dans un fonds semblable, l’Alberta dépose une partie de ses surplus budgétaires. Dans le sien, la Norvège dépose une partie des revenus pétroliers.

Dans ces deux cas, il s’agit de gouvernements qui disposent de surplus budgétaires et qui en épargnent une partie dans le but d’avoir les moyens de faire face à des temps moins favorables, le cas échéant.

Le Québec est, au contraire, en situation de déficit budgétaire. On peut donc se demander quelle est la logique derrière la création de ce fonds.

En effet, au lieu de payer ses dettes, le Québec accentue son déficit accumulé en contribuant à ce fonds.

Motifs de la création du Fonds des générations

En 2006, au moment de la création de ce fonds, nous étions à la fin d’un long cycle boursier hautement spéculatif où tout investissement à la bourse rapportait davantage que les taux d’intérêt des bonds du Trésor.

En d’autres mots, si dix ans plus tôt, le gouvernement du Québec avait emprunté des milliards$ de plus afin de jouer à la bourse, cet investissement aurait rapporté davantage que le taux de ses emprunts. Bref, le Québec aurait fait de l’argent.

C’est à partir de ce constat simpliste que le gouvernement Charest a décidé de la création du Fonds des générations.

La réalité

En 2006-7, le fonds rapportait 0,99% alors que le taux de l’intérêt moyen pondéré de la dette coûtait 5,46%. En 2007-8, c’était respectivement 1,6% vs 5,04%.

En 2008-9, après l’éclatement de la bulle immobilière et la chute des marchés boursiers, c’était -21,88% vs +4,16%.

L’hebdomadaire Les Affaires écrivait en 2010 : "Le gouvernement a fait exactement la même chose qu’une famille qui, au lieu de rembourser ses dettes avec les allocations familiales qu’elle reçoit, place cet argent à la Bourse en espérant obtenir un rendement supérieur à l’intérêt payé sur ses dettes. S’il est chanceux, il fera un gain net. S’il perd de l’argent à la Bourse, il essuiera une perte."

De ces temps-ci, l’indice Dow Jones atteint des niveaux records (au-delà de 17 000 points). Conséquemment, il est à prévoir que le gouvernement libéral profitera de l’appréciation aussi importante que soudaine de la valeur du Fonds des générations pour justifier son existence.

Au contraire, le gouvernement actuel serait mieux avisé de profiter cette nouvelle bulle spéculative pour liquider ce fonds pendant qu’il en est encore temps et appliquer la totalité des sommes récupérées au remboursement de la dette.

À mon avis, il est inacceptable que l’État spécule avec l’argent des contribuables. Les sommets boursiers actuels lui fournissent une excellente occasion de mettre fin à cette anomalie. S’il néglige de le faire, il portera l’odieux de ce qui surviendra.

Références :
Fonds des générations: un travail de (très) longue haleine
La Bourse est-elle en train de perdre la boule?
Les malheurs du Fonds des générations


La délocalisation de la recherche biomédicale

18 juillet 2014

En dollars constants, les dépenses de recherche et de développement dans le domaine biomédical ont diminué annuellement de 1,9% aux États-Unis et de 2,6% au Canada entre 2007 et 2012.

En dépit de cela, les États-Unis demeurent, de loin, le principal pays où se fait cette recherche; il s’y dépensait 119,3 milliards$ (soit 45,4% de la recherche mondiale) en 2012, comparativement à 131,3 milliards$ (ou 51,2% de la recherche mondiale) en 2007.

Lorsqu’on analyse en détail cette diminution, on réalise que dans ce pays, le secteur privé a diminué ses investissements de treize milliards$ — passant de 83,3 milliards$ en 2007 à 70,4 milliards$ en 2012 — alors que le secteur public a relativement maintenu les siens à hauteur d’environ 48 milliards$.

En Europe, cette diminution a été insignifiante, de l’ordre de 0,4% annuellement; les investissements publics et privés furent de 81,8 milliards$ en 2012, comparativement à 83,6 milliards$ en 2007.

Au contraire, la recherche biomédicale s’est accrue en Extrême-Orient. En pourcentage, la croissance annuelle a été de 32,8% en Chine, 11,4% en Corée du Sud, 10,0% à Singapour, 6,7% en Inde, 5,7% au Japon et 5,2% à Taïwan.

Si bien qu’on dépensait dans cette partie du Monde environ le tiers des sommes dépensées aux États-Unis en 2007, mais presque la moitié en 2012. L’écart entre l’Asie et l’Amérique est encore moindre si on tient compte qu’on fait plus de recherche avec chaque dollar dépensé en Chine qu’aux États-Unis.

En Asie, l’Inde se distingue par le fait que l’État dépense peu, mais de manière constante. Dans ce pays, la croissante des dépenses en recherche biomédicale a été à l’initiative exclusive de l’industrie entre 2007 et 2012.

Dans les autres pays asiatiques, la croissance des dépenses a été partagée par l’État et l’industrie mais a été plus importante dans le secteur privé.

Après le transfert de la synthèse des principes actifs et de la fabrication des formes pharmaceutiques depuis une décennie, ces données indiquent que l’industrie pharmaceutique a entrepris la délocalisation de ses dépenses en recherche et développement à la suite de la Grande récession de 2007.

Référence : Asia’s Ascent — Global Trends in Biomedical R&D Expenditures


Les feux d’artifice du Canada à Montréal, le 16 juillet 2014

17 juillet 2014

 
Fireworks Spectaculars d’Alberta et Royal Pyrotechnie du Québec se sont unis pour représenter le Canada à l’Internationale de feux Loto-Québec.

À mon avis, le résultat est un peu brouillon.

Hétéroclite comme le catalogue des produits offerts par un distributeur, ces feux ont montré le potentiel dont ces artificiers sont capables.

Ils furent variés, un peu trop bruyants à mon goût, mais probablement à l’image de ses créateurs, pleins de talent mais indisciplinés.

Détails techniques de la vidéo : Appareil photo Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12mm F/2,0.


Pour plus d’informations : Calendrier des feux en 2014


Les feux d’artifice de l’Espagne à Montréal, le 12 juillet 2014

13 juillet 2014

 
Sous le thème d’Il était une fois…, les artificiers espagnols Pirotecnia Caballer représentaient hier soir leur pays à la compétition internationale des Feux Loto-Québec.

De toute évidence, nos amis n’y sont pas venus simplement dans le but d’y participer mais avec l’intention bien ferme de gagner.

De la première seconde à la dernière, les feux de l’Espagne furent colorés et variés, collant parfaitement à la trame musicale (qu’on entend peu dans ma vidéo), et plein d’invention. Bref, des feux exceptionnels.

Vont-ils repartir avec l’or, l’argent ou le bronze ? Il est trop tôt pour le prédire, mais l’Espagne vient ici de placer la barre très haute pour les autres pays en compétition. Puissent-ils relever ce défi pour notre plus grand bonheur…

Détails techniques de la vidéo : Appareil photo Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12mm F/2,0.


Pour plus d’informations : Calendrier des feux en 2014


L’Amérique n’a de leçon à recevoir de personne

11 juillet 2014
Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Lors de mon dernier voyage en Floride en 2002, j’avais remarqué que les agents de sécurité demandaient aux passagers d’allumer leurs ordinateurs potables lors de l’embarquement à Montréal, mais que cela n’était pas demandé à mon retour, à l’aéroport de Fort Lauderdale.

Cette mesure vise à s’assurer que la circuiterie de l’ordinateur est fonctionnelle et que l’intérieur n’a pas été remplacé par une bombe.

Au poste de contrôle de l’aéroport de Fort Lauderdale, je me suis donc adressé à un militaire pour lui suggérer d’envisager cette précaution, déjà opérationnelle chez nous, au Canada.

Sans même me regarder, le militaire m’avait répondu qu’eux, Américains, possédaient des détecteurs de bombes étant tellement sophistiqués, tellement supérieurs aux autres, que cela n’était pas nécessaire.

J’étais septique. Mais puisque j’ai comme politique de ne jamais argumenter avec quelqu’un équipé d’une mitraillette, je n’ai pas insisté.

Mais voilà que dimanche dernier, on apprenait que l’Agence des transports des États-Unis demandait maintenant qu’à l’étranger, lors de l’embarquement sur tout avion d’une ligne américaine en direction des États-Unis, il serait interdit d’amener à bord un appareil électronique dont la pile serait déchargée.

Cette semaine, l’Angleterre a suivi l’exemplaire américain en étendant toutefois cette mesure à tous les avions qui quittent le sol britannique ou qui partent de l’étranger en direction de ce pays.

En 2003, après que G.-W. Bush ait déclaré la guerre à Saddam Hussein, j’ai décidé que je ne mettrai plus les pieds aux États-Unis tant que ce pays occupera l’Irak. Mais chaque hiver, ma mère a continué de passer quelques mois dans sa maison mobile en Floride.

Plus tard, bien après que sa santé ne lui ait plus permis de prendre l’avion, ma mère a voulu ajouter un bout antidérapant à sa canne.

Ma mère adorait cette canne en bois, laquée noir et décorée de roses peintes à la main. Toutefois, en dévissant le capuchon de celle-ci, on fut surpris de découvrir qu’elle renfermait une dague.

Pourtant, pendant des années, ma mère et sa canne ont franchi toutes deux les postes de contrôle de sécurité des aéroports américains sans que jamais on ne découvre l’existence de cette dague.

Tellement sophistiqués, tellement supérieurs, dites-vous ?

Références :
Airport security checks: what do they mean for passengers?
U.S. Tightens Security on Electronics at Overseas Airports

Détails techniques : Canon Powershot G6 — ISO 50 — 7,2 mm


Le cas déplorable du Dr Bolduc

10 juillet 2014

Alors qu’il était ministre de la Santé, le Dr Bolduc a signé une entente avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec en vertu de laquelle les médecins qui accepteraient de prendre en charge de nouveaux patients recevraient une prime.

Cette mesure visait à réduire le nombre de citoyens incapables de se trouver un médecin de famille.

En novembre 2011, le Dr Bolduc haussait cette prime à 100$ pour chaque patient en santé, et à 200$ pour le patient atteint d’au moins une maladie déjà diagnostiquée.

Moins d’un an plus tard, après l’élection québécoise de 2012, le Dr Bolduc est devenu simple député de l’opposition. Profitant de sa plus grande disponibilité, il a décidé de retourner partiellement à la pratique médicale. En acceptant de prendre en charge 1 500 patients de plus, il a touché une prime de 215 000$.

Toutefois, à la suite de l’élection déclenchée par le gouvernement Marois, le Dr Bolduc s’est retrouvé de nouveau au Conseil des ministres, plus précisément à titre de ministre de l’Éducation. Afin de s’y consacrer, le Dr Bolduc a décidé de larguer ses nouveaux patients sans toutefois rembourser les sommes qui lui avaient été accordées.

Légalement, cette entente prévoyait une prise en charge minimale de douze mois. Dans les faits, n’importe quel médecin qui se serait engagé à prendre en charge cent personnes apparaissant sur la liste officielle des patients sans médecins de famille, qui toucherait une prime importante, qui les abandonnerait un an plus tard, qui en prendrait cent autres moyennant une nouvelle prime, qui les larguerait un an après, et ainsi de suite, respecterait sans doute la lettre de cette entente mais violerait ses obligations déontologiques et serait passible de poursuites devant le Comité de discipline de sa corporation professionnelle.

C’est ce qui explique la générosité apparente du programme gouvernemental : il tenait compte de l’obligation déontologique de suivi à laquelle tout médecin est astreint.

Jusqu’à ce que cette affaire devienne publique, le Dr Bolduc s’est bien gardé de rembourser le moindre centime des sommes qu’il a touchées. C’est ce qui a incité Claude Castonguay — ex-ministre libéral de la Santé et père du régime québécois de l’Assurance-maladie — à l’accuser publiquement de rapacité et de réclamer sa démission.

Depuis des mois, le Premier ministre prépare l’opinion publique à des hausses de tarifs et à des coupes draconiennes dans les dépenses de l’État. Dans ce contexte, le cas du Dr Bolduc est très gênant.

D’autant plus que la réponse du ministre de l’Éducation, tout en admettant les faits, s’est limitée à demander à la Régie de statuer sur la légalité de son cas.

Ceci est une diversion. Personne ne l’accuse d’avoir enfreint la loi. En fait, l’interprétation légaliste derrière laquelle il se réfugie, n’intéresse personne.

Ce qu’il ne comprend pas, c’est qu’il est inacceptable qu’un ministre se comporte comme un rapace sans scrupule et qu’en agissant ainsi, il mine la crédibilité du Premier ministre.

Tout au cours de la dernière campagne électorale, ce dernier a soutenu que le Parti libéral avait changé. Sans blâmer son prédécesseur, le nouveau chef a soutenu que son parti s’était renouvelé, qu’il avait accueilli un grand nombre de nouveaux candidats, qu’il avait appris les leçons du passé et qu’il se présentait en homme de principe, prêt à se consacrer de manière intègre au développement économique du Québec, aux « vrais affaires », selon son expression.

Malheureusement, le cas du Dr Bolduc est un boulet. Le Premier ministre serait bien avisé de reconsidérer la nomination du Dr Bolduc à titre de ministre de l’Éducation.

Comme beaucoup de ses prédécesseurs, M. Bolduc ne connaît pas grand-chose à l’éducation. Mais c’est un homme intelligent, capable d’apprendre rapidement. Il pourrait exceller à ce titre comme, sans doute, beaucoup de députés libéraux à qui le Premier ministre n’a pas décerné de ministère. En somme, à l’Éducation, le Dr Bolduc n’est pas indispensable.

À mon avis, le Premier ministre devrait rétrograder le Dr Bolduc à titre de simple député. Il enverrait ainsi un message fort à ses ministres, les invitant à souscrire à une éthique qui dépasse le simple niveau de la légalité. De plus, cela permettrait au Dr Bolduc de se consacrer au suivi de ses patients, ce à quoi il s’est engagé.

On pourrait difficilement faire mieux.

Références :
Au cœur de l’affaire Bolduc : l’accès à un médecin de famille
Claude Castonguay: le ministre Bolduc doit démissionner
Primes: Yves Bolduc demande une vérification d’urgence de la RAMQ


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