La première moitié de cette courte vidéo présente le Pavillon de la Sécession, alors que la deuxième moitié montre des exemples de produits alimentaires offerts dans le marché le plus populaire de la capitale autrichienne.
Le Pavillon de la Sécession
Au XIXe siècle, les fortifications destinées à protéger Vienne sont devenues inutiles et nuisent au développement urbain de la capitale. On décide donc de les abattre, ce qui sera fait de 1857 à 1865.
À la place des remparts, on crée alors un boulevard périphérique qui encercle la Vieille ville et, conséquemment, qu’on appellera le « Ring » (c’est-à-dire « l’Anneau »).
Jusqu’à la fin des années 1880, on construira le long du Ring, une série d’édifices publics et privés somptueux, décorés de motifs empruntés à différentes époques de l’histoire de l’Art. Malgré la splendeur de cet ensemble hétéroclite, des voix s’élèvent à Vienne pour critiquer ce pot-pourri de styles anciens, où le pastiche tient lieu de la création.
En 1897, dix-neuf parmi les plus brillants créateurs viennois démissionnent avec fracas de l’Association des artistes autrichiens, jugée trop conservatrice, afin de fonder un nouveau mouvement artistique appelé « Sécession viennoise ».
Même si ce mouvement fait partie de l’Art nouveau, on lui conserve à Vienne ce nom distinctif en raison de ses caractéristiques propres, plus géométrique et moins anguleux que l’Art nouveau belge, français ou tchèque.
Afin d’atteindre leur but, les « sécessionnistes » créeront en 1897-1898 leur propre espace d’exposition — appelé Pavillon sécession ou Palais de la Sécession — sur les plans de Josef-Maria Olbrich.
L’édifice actuel est une copie puisqu’après des années d’abandon, la bâtisse avait sérieusement été endommagée au cours de la Deuxième guerre mondiale. Depuis, on l’a donc refaite à l’identique. La dorure récente du dôme a été possible grâce à un don personnel de l’ambassadeur américain à Vienne.
De plan carré, quasiment dépourvu de fenêtres et surmonté d’un dôme ajouré, l’édifice fait vaguement penser à un palais mésopotamien. Son dôme est constitué de glands de chêne et de 3 000 feuilles de laurier, dorées à l’extérieur et laqués vert à l’intérieur.
Écrite en lettres d’or sur la façade, la devise « Der Zeit ihre Kunst — Der Kunst ihre Freiheit » (À chaque époque, son art — À l’art, sa liberté) est un manifeste contre l’historicisme, c’est-à-dire la tendance en art à imiter les époques passées.
À gauche de la façade, « Ver Sacrum » signifie « Printemps sacré ». C’est le nom de la revue officielle de la Sécession viennoise.
L’intérieur de l’édifice est très sobre. On y trouve un petit nombre installations d’art contemporain et, au sous-sol, des fragments de la frise peinte en 1902 par Klimt en hommage à Beethoven.
Je ne suis pas convaincu que la vocation actuelle des lieux soit la plus heureuse. Pour être postif, celle-ci est conforme à l’esprit qui a mené à son édification (présenter l’art contemporain du moment). Toutefois, cela a le défaut de souligner la simplicité (pour ne pas dire la pauvreté) de l’intérieur qui, originellement, était rehaussée par la splendeur décorative des œuvres Art nouveau qui y étaient présentées.
Naschmarkt
Situé en diagonale avec le Pavillon de la Sécession, le Naschmarkt est le marché le plus animé de Vienne. Il s’étend sur 1,5 km. On y trouve de tout. Non seulement des aliments en vrac, mais également de nombreux cafés et terrasses de restaurant.
Wieden est un arrondissement rectangulaire dont la superficie n’est que de 1,8 km2. Il est situé exactement au sud de la Vieille ville et à l’ouest de Landstrasse (deux arrondissements viennois nous avons visités précédemment).
La proximité du Belvédère (et, par ricochet, du Jardin botanique) compense pour le peu d’espaces verts de Wieden, soit 6,6% de la superficie de l’arrondissement (comparativement à la moyenne de 46,3% pour l’ensemble de la ville).
Les logements occupent 52,5% du territoire : une autre tranche de 15,2% est représentée par des bâtisses autres que résidentielles. La voie publique occupe le reste, soit 26% (alors que la moyenne dans l’ensemble de la ville n’est que 13,4%). C’est donc un quartier relativement densément peuplé.
La vidéo comporte trois parties.
Première partie
En gros, cette partie montre le pourtour de Wieden, que nous visitons dans le sens contraire des aiguilles d’une montre.
D’abord, nous empruntons la rue commerciale Favoriten, qui limite l’arrondissement à l’ouest (de 0:07 à 0:52). Puis c’est le tour de quelques bâtisses situées dans le sud du quartier (de 0:53 à 1:25). De 1:26 à 2:18, ce sont principalement des ambassades le long de la rue du Prince-Eugène : cette rue sépare, à l’est, Wieden du Belvédère. Et finalement, on voit de 2:19 à 2:32 quelques immeubles au nord-est de l’arrondissement (près du Ring).
Au passage, signalons :
• de 0:28 à 0:37, l’église paroissiale Saint-François-de-Paule (construite de 1627 à 1651, restaurée en 1686),
• de 0:44 à 0:53, le Theresianum. Construit de 1687 à 1690, cet édifice austère était originellement le palais d’été des Habsbourg. On l’appelait alors « Nouveau palais de la favorite ». Légué aux Jésuites quand la famille impériale l’abandonna au profit de Schönbrunn, le Theresianum devint alors une maison d’enseignement. C’est aujourd’hui le lycée Theresianum, qui jouit d’une excellente réputation,
• de 1:04 à 1:19, l’église néo-gothique Sainte-Élizabeth, construite en 1868,
• à 2:16, l’ambassade de France (ci-dessus). Construit de 1904 à 1912, cet édifice Art nouveau est l’œuvre de Georges Chédanne, l’architecte des Galeries Lafayette à Paris, et
• à 2:24, le monument érigé en l’honneur de Charles Philippe de Schwarzenberg, commandant victorieux des troupes alliées contre Napoléon lors de la bataille de Leipzig, en 1813.
Deuxième partie
À l’issue de la première guerre mondiale, Vienne est confrontée à une grave pénurie de logements : 73% de la population vit alors dans de petits pavillons surpeuplés, plus ou moins salubres.
En 1919, l’administration municipale décide d’un vaste programme de logement social prévoyant le contrôle du prix des loyers, l’érection d’immenses blocs d’habitation pouvant loger jusqu’à 5 000 personnes et la construction de cités ouvrières avec jardins et ce, dans les quartiers qui entourent la Vieille ville.
Environ 60 000 nouveaux logements, jardins d’enfants, bibliothèques et cliniques médicales sont donc érigés entre 1922 et 1934. Les meilleurs architectes de la ville y travaillent. La superficie d’un logement moyen est de 33 à 45 m2. Partout en Europe, on parle alors de « Vienne la Rouge », une allusion aux sympathies socialistes, sinon communistes, des dirigeants de la ville.
Le tout s’achève avec la montée du nazisme en Autriche au milieu des années 1930 et l’annexion du pays à l’Allemagne en 1938.
Quelques autres habitations à loyers modiques ont été construites depuis. On les distingue extérieurement par le refus de l’ornementation, les façades sobres, les logements fonctionnellement identiques, et la monumentalité de l’ensemble.
Cette partie de la vidéo s’achève par quelques photos d’un restaurant bohémien (de 3:08 à 3:24) et de l’hôtel dans lequel j’ai habité à Vienne (à 3:26).
Troisième partie
La Place Charles-VI (ou Karlsplatz) est située au nord-ouest de l’arrondissement. Entre autres, on y trouve un monument en l’honneur du compositeur Johannes Brahms (à 3:29), la sculpture « Hill Arches » (1978) d’Henry Moore (à 4:00), et la cathédrale Saint-Charles-Borromée (de 3:34 à 4:48).
Cette dernière a été créée par l’architecte Johann-Bernhard Fischer von Erlach (et complétée par son fils). Construite de 1716 à 1737, c’est (extérieurement) la plus spectaculaire église baroque de Vienne et probablement une des plus belles au monde.
Décoré de fresques de Johann-Michael Rottmayr, l’intérieur somptueux est malheureusement gâché pas des échafaudages métalliques destinés à permettre aux visiteurs d’accéder à une lucarne qui offre un panorama médiocre de la ville.
La façade est un mariage harmonieux de différents styles : un portail grec, une coupole d’influence romaine, deux colonnes qui les encadrent et qui évoquent à la fois des minarets et surtout la colonne Trajane, tandis que le toit rococo des pavillons latéraux rappelle ceux des pagodes chinoises.
Puis nous voyons successivement :
• de 5:50 à 5:56, les façades d’édifices qui font maintenant partie de l’École polytechnique de Vienne (Technische Universität Wien),
• à 5:58, une école évangélique,
• de 6:02 à 6:20, deux anciens pavillons du métro dessinés par Otto Wagner en 1898-1899 : aujourd’hui, l’un fait office de musée consacré à cet architecte tandis que l’autre est un restaurant,
• de 6:22 à 6:26, un aperçu du Musée des arts décoratifs, présentant une exposition d’Hans Makart (1840 – 1884). Immensément populaire en son temps, ce peintre autrichien a créé des œuvres archi-kitsch qui se caractérisent par la surcharge décorative, un sens de la couleur remarquable, une pâte épaisse et un rendu brouillon,
• de 6:28 à 7:49, une visite du Musée municipal (Wien Museum) qui présente l’histoire de la ville, de l’époque romaine à aujourd’hui. Signalons que de 7:36 à 7:42, il s’agit de trois toiles — Idylle (1884), Histoire (1883) et Athéna Pallas (1898) — de Gustav Klimt, et qu’à 7:50, il s’agit de la toile « La Dame en robe jaune » (1899) de Max Kurzweil,
• à 7:51, c’est la façade du Musikverein (ou Maison des amis de la Musique), édifié de 1867 à 1869, où se produit l’Orchestre philharmonique de Vienne.
La vidéo se termine par des photos prises à l’occasion d’un concert à la Cathédrale Saint-Charles-Borromée et une promenade nocturne dans les environs.
L’assèchement d’un grand territoire marécageux situé près du Louvre (qui était un palais royal avant de devenir un musée) et la mise en valeur de l’île Saint-Louis (situé près de Notre-Dame de Paris) a permis à la noblesse française de bâtir à Paris un grand nombre de résidences aristocratiques agrémentées de jardins.
Une telle chose n’était pas possible à Vienne. À l’époque, cette ville était cintrée de remparts qui en limitaient l’expansion urbaine. À l’intérieur de ces fortifications, il n’y avait pas suffisamment de terrains disponibles pour aménager de grands espaces verts : dans ce que nous appelons aujourd’hui la Vieille ville, seul l’empereur disposait de jardins privés dignes de ce nom.
C’est ainsi qu’à l’extérieur de la ville, les nobles construisirent de somptueux palais au moyen desquels ils étaient libres de faire étalage de leur puissance et de leur richesse.
Mais dans les préparatifs en vue du siège imminent de Vienne par les Ottomans, il fut décidé de raser tous ces palais — il y en avait plus de 400 — qui auraient pu servir de refuges aux assiégeants.
Après la victoire décisive des armées impériales dirigées par le Prince Eugène de Savoie en 1718 à Belgrade, tous les territoires rasés à l’extérieur de Vienne devenaient propices à l’érection de nouveaux palais nobiliaires.
Un des premiers à en profiter fut le grand héros national qu’était devenu Eugène de Savoie. Ses talents de diplomate et ses victoires militaires lui avaient permis d’amasser une immense fortune.
Il acheta un vaste terrain, situé à 450m au Sud-Est des remparts, et décida de confier à l’architecte Johan-Lukas von Hildebrandt le soin d’y construire un premier palais en 1714-1716.
Aujourd’hui, ce domaine s’appelle le Belvédère, ce qui signifie « belle vue ». Et ce premier palais, situé dans la partie la moins élevée du terrain en pente douce, s’appelle pour cette raison le Belvédère inférieure. Celui-ci devait constituer sa résidence d’été.
En 1721-1723, le même architecte réalisa un deuxième palais à l’extrémité opposée — c’est-à-dire sur la partie la plus élevée du domaine — et qu’on appelle Belvédère supérieure.
À la mort du prince Eugène, décédé sans progéniture, ses possessions furent acquises par la famille impériale. Sa dépouille repose aujourd’hui dans la chapelle Tirna de la Cathédrale Saint-Étienne.
Puisqu’il est interdit de photographier à l’intérieur des palais du Belvédère, la vidéo en montre les jardins.
À 0:05, c’est l’entrée principale du domaine. Sa grille en fer forgé a été exécutée par Arnold et Konrad Küffner en 1728.
La façade du Belvédère supérieure (de 0:12 à 0:18) est caractérisée par un pavillon central surélevé qui s’avance vers le plan d’eau et qui abrite un vestibule et un escalier qui mènent à la Salle de marbre. On raconte que son fronton en cloche évoquerait la toiture des tentes des dignitaires ottomans dressées lors du siège de Vienne en 1683.
Les ailes en retrait conduisent à deux pavillons octogonaux (un à chaque extrémité), surmontés de coupoles en cuivre, dont on trouve les doubles aux extrémités de la façade du côté cours (0:28).
Dans cet édifice, on présente une collection d’art autrichien, du Moyen-Âge à la Première guerre mondiale. On y trouve plusieurs œuvres de Klimt, dont son très célèbre baiser.
À l’origine, tous les murs et plafonds du palais étaient recouverts de fresques ou drapés de broderies. Les caprices de la mode ont fait que ces fresques ont disparues depuis. Dans environ la moitié des salles, on les a reconstituées de manière convaincante à partir de gravures d’époque.
À 0:21, la statue est inspirée ou a servi d’inspiration aux Chevaux de Marly (exécutés entre 1743 et 1745 par Guillaume Coustou) et dont les copies sont à la Place de la Concorde à Paris (les originaux sont au Louvre).
Les sphinx (0:42) symbolisent ici l’union de la force (avec leur corps de lion) et de l’intelligence (par leur tête de femme).
Les jardins (de 0:41 à 2:00) ont été créés par le Bavarois Dominique Girard, élève de Le Nôtre. Ils se divisent en trois parties.
La première partie est un jardin à la française agrémenté de deux bassins circulaires décorés d’une fontaine centrale. Sur les côtés, on passe de la première partie à la deuxième en suivant un chemin rectiligne en pente continue. Ce n’est pas le cas au centre, où la voie est interrompue par une fontaine en cascade.
Le centre de la deuxième partie (de 1:05 à 1:16) est plus bas que ses côtés. On y trouve également deux bassins d’eau carrés décorés de fontaines. La deuxième partie est séparée de la suivante par un talus.
Sur les côtés, on accède à la troisième partie (de 1:19 à 2:00) par deux escaliers ornés de six putti chacun, représentant les mois de l’année. Au centre, une fontaine impressionnante interrompt le parcours des visiteurs.
Les quatre bosquets de cette troisième partie évoqueraient les quatre éléments. Les haies et les arbres y sont plantés en parfaite symétrie. Juste devant le Belvédère inférieure, deux fontaines (2:00) complètent les jardins.
Extérieurement le Belvédère inférieure (de 2:02 à 2:09, et 2:18) possède un aspect plus sobre que celui du Belvédère supérieur. Mais l’intérieur est tout aussi spectaculaire, moins baroque et plus rococo.
Au centre, la salle d’apparat est en marbre de différentes teintes. À l’ouest, le cabinet doré — dont les murs et plafond sont couverts de feuilles d’or — est peint de chinoiseries rococo.
L’orangerie (au fond, à 2:21) présente une exposition consacrée à des peintres de style Biedermeier (début du XIXe siècle).
La vidéo se termine par une vue du portail du Belvédère inférieure (2:23), de la sortie gauche des jardins (2:25 à 2:30) et de l’entrée des écuries (2:33).
Dans les écuries, le foin était déposé dans des mangeoires en forme de très gros coquillages comme les bénitiers de certaines églises baroques. Les chevaux logeaient sous des plafonds décorés de stucs rococo.
De nos jours, ce bâtiment sert à une exposition permanente consacrée exclusivement à des statues religieuses en bois polychrome et à des retables, dont certains sont des chefs d’œuvre de virtuosité.
Depuis 1897, l’ancienne Église de l’hôpital impérial (de 0:29 à 0:36) est devenue celle de la communauté polonaise de Vienne. Oeuvre de Nicolò Pacassi, l’Église Notre-Dame de la Garde fut construite de 1755 à 1763. Une statue du pape Jean-Paul II, originaire de Pologne et béatifié en 2011, a fièrement été ajoutée devant le côté droit de la façade.
De 0:38 à 0:42, il s’agit d’un immeuble créé en 1891 par Otto Wagner. De 0:50 à 0:58, nous voyons l’église du Couvent des Salésiennes (1717-1730), œuvre de Donato Felice d’Allio.
Membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) depuis 2007, le Nigeria entretient une ambassade importante à Vienne (à 0:59) puisque c’est dans la capitale autrichienne qu’est situé le secrétariat de l’OPEP.
À 1:02, nous voyons l’Ambassade d’Italie. Elle occupe l’ancien Palais d’été du prince Metternich. Inspiré du Palais Farnèse à Rome, ce bâtiment fut érigé de 1846 à 1848 pour contenir les nombreuses oeuvres d’art que le prince collectionna durant sa carrière.
La vidéo se termine par une longue promenade dans le Jardin botanique de l’Université de Vienne.
À sa création, en 1754, il s’agissait du jardin de plantes médicinales de l’impératrice Marie-Thérèse. Agrandi au XIXe siècle, c’est aujourd’hui un lieu de recherche en botanique disposant de plus de neuf milles espèces végétales.
Il est à noter que certaines des photos (celles en noir et blanc) sont en réalité des photos prises à l’aide d’un appareil-photo infrarouge.
Les plus anciennes traces d’activité humaine en Autriche (remontant à l’âge de bronze, il y a 3,200 ans) se trouvent dans l’arrondissement de Landstrasse.
De plus, c’est dans le petit village d’Erdberg, situé dans l’extrémité Sud-Est de l’arrondissement actuel de Landstrasse, que le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion a été fait prisonnier au retour de la Troisième croisade, en 1192.
Annexé à Vienne en 1850, Landstrasse est un territoire de 7,42 km2 — le double exact de la superficie de la Vieille ville — situé immédiatement à l’Est de celle-ci. Au moment de son annexion, ce territoire servait principalement à la culture maraichère.
De nos jours, il s’agit d’un quartier ouvrier et résidentiel, peuplé d’environ 86,000 habitants.
La présente vidéo concerne la partie de Landstrasse au nord de la rue Rennweg : celle-ci traverse en diagonale cet arrondissement.
Il s’agit d’une partie de Vienne que nous visiterons sommairement, essentiellement dans le but de nous rendre à deux attractions touristiques majeures de la capitale autrichienne, toutes deux consacrées à Hundertwasser, un des artistes les plus colorés et les plus originaux du XXe siècle.
Mais avant d’y arriver, nous apercevons (à 0:26) le marché St-Roch, situé en face de l’église St-Roch et St-Sébastien (de 0:28 à 0:46), construite de 1687 à 1721.
Puis nous passons rapidement devant la Maison Wittgenstein (à 0:56). Construite de 1926 à 1928, cet édifice austère (qui ne se visite pas) est considéré comme un chef-d’œuvre de l’architecture moderne, inspiré du style dépouillé d’Adolf Loos.
De 1:15 à 2:04, nous arrivons enfin à l’Hundertwasserhaus, ce qui signifie « Maison d’Hundertwasser » (qui y a effectivement habité quelques temps). Il est à noter qu’en anglais, le nom allemand « Hundertwasser » ne se traduit pas par « Under Water » (sous l’eau) mais plutôt « Hundred Water », c’est-à-dire « Cent eaux ».
Cet édifice, construit de 1983 à 1986, fait suite à une demande écrite du Chancelier de la république autrichienne adressée en novembre 1977 au maire de la ville de Vienne.
On compare souvent son concepteur, l’artiste autrichien et architecte autodidacte Friedensreich Hundertwasser avec le catalan Antoni Gaudí. Les deux ont créé des édifices colorés, aux formes organiques et tous deux décorent leurs bâtisses d’éclats de tuiles de céramique (c’est-à-dire de trencadis).
Hundertwasser se distingue par des préoccupations environnementales absentes chez Gaudí. Il est le premier à végétaliser le toit et les terrasses de ses immeubles. Les planchers y sont volontairement inégaux et chaque fenêtre est différente. La première ligne du contrat de location des appartements stipule le droit du locataire de colorer le pourtour de ses fenêtres à sa guise jusqu’à la distance d’un bras.
L’Hundertwasserhaus renferme 52 logements, quelques locaux commerciaux (dont une boutique de souvenirs qui sert de café-restaurant) ainsi que seize terrasses privées et trois terrasses communautaires.
Dans l’élaboration de ce projet, Hundertwasser a dû faire quelques concessions au Bureau d’urbanisme de la ville et ainsi renoncer aux toilettes à humus et au pâturage pour moutons de la terrasse…
De 2:10 à 2:17, nous sommes dans le Musée des faussaires, ouvert depuis 2005. Dans ce tout petit musée, les œuvres peuvent être achetées et par conséquent, ne sont pas toujours les mêmes.
Nous arrivons finalement (de 2:22 à 2:52) à la Maison des Arts de Vienne, ouvert 1991, et consacrée principalement aux œuvres d’Hundertwasser.
À la suite de l’incendie qui a endommagé la cathédrale Saint-Étienne à la fin de la 2e Guerre mondiale, on a restauré l’église. Mais les édifices qui lui faisaient face, totalement détruits par cet incendie, ont été remplacés par des édifices modernes. Ce sont eux qu’on voit au début de la vidéo.
L’un d’eux est le centre commercial Haas Haus (de 0:12 à 0:29). Créé par l’architecte autrichien Hans Hollein en 1990, il abrite des boutiques au rez-de-chaussée et des bureaux aux étages supérieurs. Le restaurant Do & Co, qui occupe partiellement les derniers étages de l’édifice, offre une vue exceptionnelle sur la cathédrale.
Au retour de la Troisième croisade, Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre, est fait prisonnier en 1192 au sud-est de Vienne. Sa rançon énorme (deux années de recettes pour le royaume anglais) servira, entre autres, à combler le fossé (« graben » en allemand) qui entourait la ville. Un segment rectiligne de cet ancien fossé porte aujourd’hui le nom de Graben : c’est une des rues les plus prestigieuses de Vienne (de 0:31 à 1:32).
En 1679, la dernière grande peste ravagea Vienne. L’empereur Léopold 1er promis alors d’ériger un monument de grâce à la fin de l’épidémie. Pour cette raison, ce monument, situé au milieu du Graben, est appelé « Colonne de la peste » (de 1:17 à 1:19).
Il existe tellement d’églises baroques extraordinaires à Vienne que ce qualificatif perd son sens dans cette ville. Une d’entre elles est l’église Saint-Pierre (de 1:58 à 3:05), construite de 1703 à 1753 par Johan-Lukas von Hildebrandt. En voici quelques attraits :
• à 2:33, la chaire dorée est due au sculpteur Matthias Steinl.
• œuvre du peintre Johann-Michael Rottmayr, très actif à Vienne, la fresque qui décore l’intérieur de la coupole représente l’Assomption de Marie (de 2:16 à 2:19).
• du côté droit de la nef, faisant le pendant à la chaire, un relief plaqué or et argent (à 2:48), dû au sculpteur Lorenzo Mattielli, est dédié à Saint Jean Népomucène. Ce dernier était le confesseur de la reine de Bohème : il fut torturé et précipité du pont Charles, à Prague, pour avoir refusé de révéler au roi le secret de la confession.
• en plus de la fresque de la coupole, Johann-Michael Rottmayr a peint également le retable qui orne la chapelle au centre de la photo à 2:51, dédié à Saint François de Sales.
S’il existe en Europe de nombreux bars à vin, Vienne est la seule ville que je connaisse à posséder un bar où on ne sert que du champagne (à 3:16).
La plus grande place publique de la Vieille ville doit son nom (« Am Hof », ce qui signifie « À la cour ») au fait qu’elle donnait accès au palais (aujourd’hui disparu) du premier duc d’Autriche. De nos jours, la Colonne de la Vierge (à 3:21) est au centre de cette place. Ce monument commémore la fin de la Guerre de Trente Ans, qui a dévasté l’Europe centrale de 1618 à 1648.
Sur cette place, on trouve également la Kirche Am Hof (à 3:22), dont la façade baroque — créée par Carlo-Antonio Carlone en 1662 — est ornée d’un grand balcon à balustrade. Sobre, l’intérieur est un mélange harmonieux d’éléments baroques et surtout néo-classiques.
À cinq minutes de marche vers l’ouest, on tombe sur la Place Freyung où des artisans offrent leur marchandise (de 4:00 à 4:17). Cette place borde l’église des Écossais (de 4:20 à 4:29). Cette dernière a été fondée par des moines bénédictins irlandais à une époque les Autrichiens appelaient l’Irlande « Nouvelle-Écosse ». Après plusieurs destructions, les architectes italiens Silvesto Carlone et Andrea-Felice d’Allo lui donnèrent, de 1643 à 1648, son aspect baroque actuel.
De 4:43 à 5:07, nous sommes sur la Place des Juifs, au cœur de l’ancien ghetto. Le Monument aux victimes juives du Nazisme (de 4:43 à 4:54) est l’œuvre de l’artiste britannique Rachel Whiteread. Celle-ci a choisi de symboliser — par les parois de sa sculpture, en forme de tranches de livres — le devoir de mémoire à l’égard des 65,000 Juifs autrichiens victimes de l’holocauste.
La statue d’Ephraim Lessing (4:59), réalisée par Siegfried Charoux, orne également cette place. Lessing est un critique littéraire et un auteur de théâtre dont l’œuvre littéraire prône la tolérance religieuse envers les Juifs. À 5:01, on voit la plaque « Le batême du Christ » qui surmonte un message médiéval antisémite.
La Fontaine d’Andromède (à 5:12) se trouve dans la cour extérieure de l’Ancien hôtel de ville. Créée par le sculpteur Raphael Donner en 1741, elle illustre le mythe d’Andromède, délivrée par Persée du monstre marin qui allait la dévorer. C’est du balcon en fer forgé qu’étaient lues les ordonnances du Conseil municipal.
À 5:14, on voit la façade de l’Ancien hôtel de ville puis celle de la Chancellerie de Bohème (de 5:17 à 5:20). Cette dernière a été édifiée de 1709 à 1714 par le meilleur architecte autrichien de l’époque, Johann-Bernhard Fischer von Erlach. Les sculptures qui ornent cette façade sont de l’italien Lorenzo Mattielli.
L’étroite église Notre-Dame-du-rivage (de 5:22 à 5:42) tire son nom d’un bras du Danube qui, autrefois, coulait à proximité. À l’origine, l’église était située contre le mur de la ville, près d’une de ses portes. Son clocher heptagonal — c’est-à-dire à sept côtés — fait allusion aux sept douleurs de la Vierge : il est surmonté d’une flèche de pierre ajourée, achevée en 1417. Son portail, surmonté d’un baldaquin sculpté, est décoré de sculptures et de mosaïques dorées.
Tout comme la Sainte Chapelle à Paris, l’autel et les viraux de l’abside sont de style gothique rayonnant. Cette partie de l’église actuelle a été achevée en 1367 sur le site d’une ancienne chapelle, et était probablement destinée à servir de caveau familial pour son propriétaire de l’époque. En 1391, l’édifice est vendu au baron Hans von Liechtenstein-Nikolsburg, qui décide alors d’en faire un lieu de culte public en ajoutant la nef actuelle, construite de 1394 à 1414. L’une et l’autre de ces deux parties, presque de tailles égales, ne sont pas tout-à-fait dans le même axe.
De chaque côté du maître-autel néo-gothique, on trouve deux panneaux peints, œuvres anonymes de 1460, représentant le Couronnement de Marie (à droite) et l’Annonciation (à gauche). Le buffet d’orgue (à 5:42) date de 1515.
C’est dans cette église que sont conservés les restes de Saint Clément-Marie Hofbauer, le patron de la ville de Vienne. Tous les dimanches depuis 1995, on y célèbre une messe en français, pour le bénéfice de la communauté francophone de Vienne.
L’église Saint-Rupert (de 5:44 à 5:52) est le plus vieil édifice religieux de Vienne, bâti au XIIe siècle sur le site d’une chapelle fondée en 740.
De 6:06 à 6:12, nous passons en revue trois attraits touristiques du Hoher Markt (ce qui signifie Marché Haut) : la Fontaine de Joseph (reconstruite en 1732 par Joseph-Emmanuel Fischer von Erlach), le minuscule Musée Romain, et l’extraordinaire horloge Ankeruhr.
Chef-d’œuvre Art nouveau, l’horloge a été fabriquée d’après les plans du peintre Franz Matsch entre 1911 et 1917. Elle fait le pont entre deux édifices. À chaque heure, un personnage différent traverse ce pont : entre autres, l’empereur romain Marc Aurèle (décédé à Vienne), Charlemagne, le poète allemand Walther von der Vogelweide, le prince Eugène de Savoie-Carignan (héro national), l’impératrice Marie-Thérèse et son époux François 1er, le compositeur Joseph Haydn. C’est sur la musique de ce dernier (un extrait de la Création) que défilent, à midi, les douze personnages de l’horloge.
Réalisé en 1530, le portail de la chapelle Saint-Sauveur (à 6:15) est un des rares exemples de style Renaissance à Vienne. À 6:27, c’est le portail baroque d’un palais anonyme construit de 1720 à 1720.
Notre visite commence par les édifices qui entourent la petite Place de l’Albertina. De 0:34 à 1:50, c’est le Palais Lobkowitz, édifié de 1685 à 1687 par Giovanni-Pietro Tencala, et dont l’intérieur fut remanié en 1710 par l’architecte principal de la Cour impériale, Johann-Bernhard Fischer von Erlach.
De 1745 à 1910, le palais fut la propriété de la famille Lobkowitz. C’est dans la salle de concert du palais (de 0:49 à 0:55) que Beethoven présenta pour la première fois plusieurs de ses compositions. Il est à noter que sa Troisième symphonie, originellement prévue en l’honneur de Napoléon Bonaparte, fut finalement dédiée à Franz-Joseph-Maximilian von Lobkowitz, mécène et protecteur de Beethoven. De nos jours, le palais abrite le Musée autrichien du théâtre.
De 1:52 à 1:56, voici la façade du Palais Pallavicini (fin du XVIIIe). Puis à 2:07, il s’agit d’un aperçu des ruines romaines découvertes sous la Place Saint-Michel.
Bordant cette place, on peut voir la Maison Loos (ci-dessus), œuvre de l’architecte Adolf Loos : le modernisme dépouillé de l’édifice fit scandale à Vienne. En rentrant au palais par la Porte Saint-Michel, l’empereur tirait les rideaux de son carrosse du côté de cette maison afin d’éviter de la voir. C’est aujourd’hui une succursale bancaire.
De 2:16 à 2:43, nous visitons l’Église Saint-Michel. Lors de mon passage, un marché aux puces avait lieu dans la sacristie (de 2:44 à 2:48).
À deux pas de l’église, nous voici en face de la librairie Manz (à 2:53) — dont la devanture a été dessinée par Adolf Loos en 1912 — puis dans la pâtisserie Demel, l’une des plus célèbres de Vienne (de 2:54 à 3:12).
À 3:59, c’est le Palais Dorotheum où se tiennent périodiquement des enchères et, en face, l’Église luthérienne municipale (à 4:02). De 4:07 à 4:10, nous apercevons l’Église évangélique H.B.
De 4:31 à 4:36, voici l’Église des Capucins dont la construction fut terminée en 1632. C’est dans sa crypte que reposent les corps de 138 membres de la dynastie des Habsbourg (dont celui de l’Impératrice Sissi).
De 4:46 à 4:55, voici la tartinerie Art Déco Trzesniewski.
Percé d’un dédale de galeries marchandes, le Palais Ferstel (de 5:37 à 6:01) a été construit en 1860 par l’architecte Henrich von Ferstel. De style néo-roman ou néo-renaissance, le palais renferme la fontaine de l’Ondine du Danube, sous un puits de lumière.
Le sud du palais est occupé par le café Central, autrefois lieu de rencontre de l’intelligentsia viennoise. Nous en faisons la visite de 7:01 à 7:28, après fait un long détour dans le quartier, ce qui nous a permis de rencontrer le Palais Kinski (de 6:13 à 6:16) construit de 1713 à 1716, le Palais Porci (à 6:18) construit en 1514, et la plus connue des maisons que Beethoven occupa à Vienne (de 6:46 à 6:52). À 6:54, la Maison des trois jeunes filles est typique des maisons bourgeoises de style Biedermeier.
De 7:30 à 7:33, c’est la façade Art Déco de l’hôtel Radisson Blu Style. De 6:35 à 6:39, nous voyons une entrée du Palais Niederösterreich, construit de 1839 à 1848.
De 7:40 à 8:06, nous visitons l’Église des Frères mineurs ou Minoritenkirche, construite en 1339, mais dont le toit et le clocher originels ont été détruits au cours du siège ottoman de 1683.
Les Viennois aiment leurs parcs. Devant, à l’ouest et derrière le Nouveau palais impérial, on trouve respectivement le Parc du Peuple, la Place Marie-Thérèse et le Parc du Palais.
On visite le premier de 8:23 à 8:52. À 8:33, il s’agit de la statue érigée en l’honneur de l’Archiduc Charles-Louis d’Autriche (1771-1847), vainqueur de Bonaparte à Aspern en 1809. De 8:47 à 8:52, c’est le mémorial au dramaturge Franz Grillparzer. Ce monument a ceci de particulier que dans son hémicycle, chacun des panneaux illustre une de ses tragédies.
La Place Marie-Thérèse (de 8:54 à 9:04) est un parc à la française assez simple, agrémenté de fontaines, et situé à l’ouest du Nouveau palais impérial, entre le Musée d’histoire naturelle et le Musée de l’histoire de l’Art qui lui fait face. Ce dernier présente l’essentiel des œuvres d’Art collectionnées par la dynastie des Habsbourg pendant des siècles.
Dans le Parc du Palais (de 9:05 à 9:22), situé à l’arrière du Nouveau palais impérial, on trouve un monument en l’honneur de Mozart, créé par le scuplteur autrichien Viktor Tilgner en 1896.
La fin de la vidéo est fortement déconseillée aux personnes au régime : il s’agit d’un arrêt prolongé à l’Hôtel Sacher, un haut-lieu de la pâtisserie viennoise, célèbre pour sa Sacher Torte (ci-dessus).
Cette vidéo ne vise pas à illustrer un trajet particulier mais regroupe des photos qui n’ont en commun que d’avoir été prises dans cette partie de la ville.
À 0:18, voici le portail de l’église des Ursulines, suivi du portail de son ancien cloitre, adjacent. Tous deux ont été construits de 1665 à 1675 par l’architecte Anton Erhard Martinelli.
De 0:22 à 0:33, on voit la façade de l’Auberge à la carpe bleue, construite au XVIIe siècle, et qui se caractérise par la plaque qui lui donne son nom, située au-dessus d’une frise de putti.
À 0:35, c’est le portail du Palais Erdödy-Fürstenberg (1724), suivi de 0:37 à 0:41, par l’édifice de la Fondation des dames savoyardes (1688).
De 0:42 à 1:05, c’est la visite de l’église des Oblats de Saint-François de Sales, consacrée à Sainte Anne. Construite de 1629 à 1634, elle fut remaniée par les Jésuites au début du XVIIIe siècle.
L’église Sainte-Anne n’est pas très grande mais elle est extraordinairement belle. Les fresques des voûtes sont de Daniel Gran (1694-1757). Ce dernier créa également les fresques de la Salle d’apparat de la Bibliothèque nationale (que nous avons vue dans la vidéo consacrée au Palais impérial).
À 1:17, c’est un aperçu du Palais Rottal, construit de 1750 à 1754.
De 1:35 à la fin de la vidéo, la plupart des photos ont été prises dans la rue de Carinthie (Kärntner Strasse). Cette rue commerciale piétonne est très populaire et qui constitue la frontière choisie pour séparer le Sud-Est et le Sud-Ouest du quartier (qui sera le sujet de notre prochaine vidéo).
La vidéo débute (de 0:05 à 0:14) par un édifice situé immédiatement à l’est de la Cathédrale Saint-Étienne, et dont la façade est superbement décorée.
De 0:57 à 1:28, c’est la visite de l’Église orthodoxe grecque de la Sainte-Trinité, construite en 1861 par Theophil von Hansen, dans le style néo-byzantin.
De 1:39 à 1:43, c’est un bref aperçu de l’Église ukrainienne Sainte-Barbe, édifiée de 1652 à 1654 (la façade est de 1852).
Œuvre d’Antonio Canevale, l’Église des Dominicains (de 1:47 à 2:26) est remarquable par les couleurs automnales et sombres du mobilier liturgique, contrastant avec les stucs blancs très en relief.
De 2:39 à 3:11, voilà la Caisse d’épargne de la Poste (1904-1906), une création majeure de l’architecte Otto Wagner. Les 15,000 cabochons d’aluminium qui rythment sa façade servent à cacher les boulons de bronze employés pour fixer les plaques arrondies de marbre qui recouvrent les murs de brique.
Wagner a tout dessiné dans les moindres détails, jusqu’aux colonnes souffleuses d’air chaud. Les murs de toutes les zones publiques sont recouverts de marbre blanc également rivé par des boulons de bronze aux cabochons d’aluminium. Le premier étage renferme un musée payant, peu fréquenté, consacré à l’histoire de ce chef-d’œuvre de la Sécession viennoise.
La Place Ignaz Seipel est bordée à l’est par l’ancienne Salle des fêtes de l’Université de Vienne, édifié par Jean-Nicolas Jadot de Ville-Issey en 1755 (à 3:20), et à l’ouest par l’Académie autrichienne des sciences (à 3:22). C’est dans la grande salle de l’académie que Joseph Haydn vint entendre son oratorio La Création (le dernier concert auquel il assista). Le nord de la place est bordé par l’Église des Jésuites (de 3:24 à 4:16) aux marbres polychromes et aux dorures ostentatoires, œuvre d’Andrea Pozzo vers 1700.
De 4:19 à 4:28, c’est l’entrée de la cour du Monastère de la Sainte-Croix, dont la chapelle — consacrée à Saint Bernard et visible à 4:28 — a été construite en 1622, puis remaniée vers 1730.
On enchaine à 4:30 avec une partie de la façade de la Maison du Basilic (située à droite, juste avant l’entrée que nous venons de voir). Ici, il ne s’agit pas de l’épice culinaire mais d’un monstre fabuleux né d’un œuf de serpent couvé par un crapaud.
De 4:44 à 4:48, on voit la porte cochère et la cour extérieure de la Maison Schwanenfeld, la seule cour Renaissance de Vienne. Puis nous visitons la Maison de thé Schönbichler, peut-être la plus belle de la capitale.
À 5:27, on a l’entrée du Mozarthaus. Ce musée donne accès au seul appartement de Mozart qui soit aujourd’hui conservé. Le Mozarthaus s’étend sur les six étages de l’édifice (incluant le sous-sol et les combles). Il est situé à deux pas de la cathédrale Saint-Étienne. On y présente la vie et l’œuvre du compositeur.
L’appartement proprement dit de Mozart était situé au premier étage. Le compositeur, son épouse Constance et leur fils Carl-Thomas (âgé de neuf jours) y aménagent le 29 septembre 1784 : ils y resteront deux ans et demi. C’est ici que Mozart composa Les Noces de Figaro.
Cet appartement est le plus grand, le plus cher et le plus beau que Mozart ait loué. Les pièces sont sobres, à l’exclusion de l’une d’entre elles décorée de stuc gris rose et d’un plafond en relief qui représente la déesse Flore parmi des amours entourés de guirlandes. Tout cela est l’œuvre d’un propriétaire antérieur, Albert Camesina, stucateur officiel de la Cour impériale. Cette décoration est similaire à celle de la salle de concert qu’on peut voir à la fin de la vidéo.
De 5:40 à 5:43, c’est de portail de l’Église de l’Ordre des chevaliers teutoniques. En entrant, à droite, c’est l’église proprement dite. Puis, toujours à droite mais un peu plus loin (avant d’entrer dans la cour extérieure), c’est la salle de concert du Mozarthaus — appelée Sala Terrena — où se produit le Mozart ensemble, un des meilleurs orchestres de musique de chambre de la capitale autrichienne.
L’Opéra de Vienne — ou Staatsoper, ce qui signifie littéralement Opéra national — est un édifice néo-renaissance construit entre 1861 et 1869 par August Siccard von Siccardsburg (qui réalisa l’extérieur) et Eduard van der Nüll (responsable de l’aménagement intérieur). Ces deux architectes étaient les plus demandés par la haute société viennoise.
Alors que l’édifice était encore en construction, il fut l’objet de vives critiques du public viennois qui trouvait que son extérieur n’était pas suffisamment somptueux. Les propos également défavorables de l’empereur Joseph 1er d’Autriche contribuèrent au suicide (par pendaison) de l’architecte van der Nüll, le 4 avril 1868. Deux mois plus tard, son collèque von Siccardsburg fut emporté par la tuberculose. Si bien qu’aucun des deux ne purent assister à l’inauguration de leur chef-d’œuvre, le 25 mai de l’année suivante.
En raison des graves dommages subis lors de la Deuxième guerre mondiale, dix années de travaux furent nécessaires pour reconstruire l’Opéra. Les bombardements alliés avaient endommagé essentiellement la moitié arrière de l’édifice, là où on entreposait les décors, les costumes et les accessoires de 120 opéras.
Le 5 novembre 1955, soit onze jours après le départ des Alliés, le Staatsoper fut à nouveau inauguré. Les parties les moins endommagées furent simplement restaurées à l’identique (escalier d’honneur, vestibule, foyer et salon de thé) alors que les parties anéanties furent complètement refaites dans un style plus contemporain.
Présentation de la vidéo
La vidéo débute par un apperçu des toilettes de la station de métro qui dessert l’opéra. Comme il se doit, leurs usagers peuvent y assouvir leurs besoins au son de valses viennoises.
La façade de l’opéra s’ouvre sur le Ring, c’est-à-dire sur le boulevard circulaire qui entoure le quartier de la Vieille ville (Innerstadt). Au rez-de-chaussée, le long de la façade, une galerie couverte à arcades supporte une loggia à deux étages surmontée d’une terrasse.
À 0:23, c’est le vestibule qui donne accès à l’escalier d’apparat qu’on doit emprunter pour accéder à la salle de concert.
Les peintures murales et celles des plafonds ont été exécutées par Moritz von Schwind de 1864 à 1867.
À 0:54 dans la vidéo, c’est la salle de concert, dont la décoration intérieure fait très “années 1950″. On peut y assoir environ 2,200 personnes.
Chaque spectateur dispose d’un appareil (d’environ 20 cm de long par 4 cm de hauteur) sur lequel s’affiche la traduction allemande ou anglaise (au choix de l’utilisateur) de ce qui est chanté. Le texte n’est visible que dans un angle de visionnement restreint, ce qui évite d’être distrait par l’éblouissement de l’écran d’un voisin.
À l’entracte, les spectateurs se dispersent dans la Salle de marbre (à 1:15), dans le Foyer (de 1:17 à 1:45) ou sur la Loggia (de 1:46 à 1:52). Chaque porte du Foyer est surmontée du buste d’un compositeur lyrique parmi ceux qui ont contribué à la gloire de l’Opéra de Vienne.
À 1:55, nous voici du côté droit de l’Opéra. Celui-ci donne sur la petite Place Herbert von Karajan. Un écran géant y a été installé : durant une partie de l’année, cet écran sert à retransmettre gratuitement l’œuvre jouée en salle au même moment. Les mélomanes n’ont qu’à s’apporter une petit coussin ou un siège pliant — les places assises sont limitées — pour pouvoir assister gratuitement aux opéras à l’affiche.
L’image est un peu sombre, trop bleutée et on peut entendre les bruits de la circulation automobile à proximité. Mais c’est gratuit.
Le 26 septembre 2011, l’œuvre lyrique à l’affiche était Falstaff de Verdi dans laquelle la contre-alto québécoise Marie-Nicole Lemieux chantait le rôle de Mme Quickly (de 1:58 à 2:01).