L’Étoile de Chabrier à l’université de Montréal

28 février 2015

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L’Atelier d’opéra de l’Université de Montréal et l’Orchestre de l’Université de Montréal présenteront ce soir, le 28 février 2015, pour la troisième et dernière soirée d’affilée, L’Étoile d’Emmanuel Chabrier à la salle Claude-Champagne (métro Édouard-Montpetit).

En somme, cette opérette est jouée par les étudiants de la faculté de musique de l’U de M.

Franchement, c’est un spectacle charmant. Si les musiciens ont été très bons — avec une petite tendance parfois à couvrir les voix — les comédiens-chanteurs ont été excellents.

Le principal artisan de ce succès est le metteur en scène François Racine qui a fait preuve de créativité et de bon goût, dans un répertoire où il est facile d’être vulgaire en voulant faire rire à tout prix.

J’ai passé la soirée le sourire aux lèvres. À la fin du spectacle, la clameur émanait de la foule était une marée de rires, principalement féminins, ce qui suggère que je n’étais pas le seul à avoir apprécié cette soirée.

Bref, si vous aimez l’opérette, ce spectacle est à ne pas manquer.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm
1re photo : 1/25 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 21 mm


L’État islamique : un trou noir

23 février 2015

Avant-propos

L’édition de mars 2015 de la revue américaine The Atlantic publie un article très intéressant relatif à l’État islamique.

Après avoir rencontré l’expert séculaire (c’est-à-dire non religieux) le plus compétent relativement à l’État islamique et discuté avec divers Musulmans radicaux, l’auteur a rédigé une analyse profonde de cette organisation terroriste dont on trouvera un résumé ci-dessous.

Ce résumé est complété de quelques réflexions personnelles (essentiellement dans la conclusion).

Introduction

Les chefs d’État occidentaux aiment dire — et leurs citoyens musulmans modérés aiment entendre — que l’État islamique pervertit le message de paix de l’Islam.

Ce qu’ils insinuent, c’est que les partisans de l’État islamique ne sont pas de vrais Musulmans; ce seraient des radicaux qui se servent de la religion comme prétexte pour laisser libre cours à leur barbarie.

C’est mal connaître l’État islamique. Au contraire, ce mouvement promeut une interprétation textuelle et rigoureuse de la Charia. En comparaison, même l’intégrisme saoudien parait presque raisonnable.

Retrouver la pureté originelle de l’Islam

Guidé par une connaissance approfondie des décisions juridiques inscrites dans la Charia, l’État islamique veut créer un pays où les citoyens seraient régis exactement de la même manière que l’étaient les fidèles de Mahomet à son époque.

Sans renoncer à la technologie moderne — électricité, télévision, ordinateurs, etc.— l’État islamique croit que les problèmes actuels du monde arabe ont pris naissance du fait qu’on se serait éloigné de la pureté originelle du monde islamique. D’où la nécessité de le purifier.

L’État islamique est conscient du lourd tribut à payer pour cette purification. Tout comme les Khmers rouges au Cambodge — qui ont exterminé environ le quart de la population de leur pays — l’État islamique entend être impitoyable dans l’accomplissement de sa mission.

Évidemment, pour un Musulman, nier la sainteté du Coran et des prophéties de Mahomet, est une hérésie équivalente à de l’apostasie (le renoncement à l’Islam). Mais ce n’est pas le seul crime punissable de la peine capitale.

Parmi les autres délits qui équivalent à l’abandon de l’Islam, on retrouve la vente d’alcool ou de drogue, le port de tenues vestimentaires à l’Occidental, le rasage de la barbe — note : la taille de la barbe est permise, mais pas son rasage — le vote à une élection (même en faveur d’un candidat musulman), et la mollesse à l’égard des apostats.

La simple consommation d’alcool (non sa vente) mérite le fouet. L’adultère est punissable de lapidation.

Le chiisme — une branche de l’Islam qui regroupe 10 à 15% des Musulmans — est une innovation dogmatique équivalent à une hérésie. L’État islamique se propose donc d’exterminer les 200 millions de Chiites dans le monde.

Tous les chefs d’État des pays musulmans subiront le même sort puisqu’ils ont accepté de se soumettre à d’autres lois que celle de Dieu; le respect de traités internationaux ou de frontières reconnues, de même que l’adhésion à des organismes tels que l’ONU, sont autant d’assujettissement que condamne l’État islamique.

Afin de s’acquitter de leurs obligations religieuses, les dirigeants de l’État islamique doivent mener une guerre sainte au moins une fois par année. Tout défaut à ce sujet est un pêché.

Ils peuvent conclure des traités de paix d’une durée maximale de dix ans. Toutefois, ceux-ci ne peuvent s’appliquer à tous ses ennemis en même temps. Donc, l’État islamique doit perpétuellement être en guerre.

Les messages postés sur des médias sociaux révèlent que des exécutions de masse ont lieu chaque semaine. Selon l’auteur de l’article publié dans The Atlantic, seraient exemptés de ces exécutions automatiques, les Chrétiens qui se soumettent à leurs nouveaux dirigeants en leur faisant allégeance, et qui paient une taxe spéciale s’ils désirent conserver leur religion.

Note : Effectivement, c’est ce que prescrit le neuvième chapitre du Coran. Toutefois, les enlèvements et la décapitation de Chrétiens en Libye et en Syrie semblent contredire l’auteur à ce sujet.

À l’époque de Mahomet, celui-ci a dû livrer bataille contre ses ennemis. Conséquemment, les lois de la guerre de ce temps se sont retrouvées dans le Coran et les récits de la vie de Mahomet.

L’esclavage des épouses des vaincus, la crucifixion et la décapitation sont des pratiques de l’État islamique qui miment les pratiques de la guerre de l’époque.

Ces pratiques, abandonnées depuis des siècles, revivent grâce à son zèle.

Après avoir prêché l’orthodoxie sunnite depuis des décennies, l’Arabie saoudite est donc prise à son propre jeu, dépassée quant au fond par l’État islamique.

Ce dernier veut donc être le seul vrai modèle de la pureté originelle de l’Islam.

Tout comme Calvin et Luther incitaient leurs fidèles à lire la Bible eux-mêmes et non se contenter de l’interprétation qu’en faisait le clergé catholique de l’époque, l’État islamique incite ses sympathisants à prendre connaissance non seulement du Coran mais également des règles de vie imposées par la Charia, et de les mettre scrupuleusement en pratique.

Alors que bien des pays musulmans hésiteraient à crucifier ou à décapiter leurs ennemis, de même qu’à réduire les femmes de ces derniers à l’esclavage (sexuel), l’État islamique n’a aucune hésitation à le faire puisque c’est ce qu’on faisait du temps de Mahomet.

Le califat

Le dernier califat fut l’Empire ottoman. Au moment de son démantèlement (après la Première Guerre mondiale), il comprenait la Turquie actuelle, la Syrie, le Liban, la Palestine, l’Irak et l’Arabie saoudite.

Même s’il se prétendait être un califat, l’Empire ottoman n’en était pas un. Car une des conditions essentielles pour se qualifier comme tel, c’est qu’il doit être dirigé par quelqu’un de la même tribu que Mahomet, soit un Quraychite. Or cela serait le cas du chef de l’État islamique (selon ce qu’il dit).

Pour diriger le califat, le calife doit respecter les conditions inscrites dans la charia sunnite; être un Quraychite, être vertueux, n’être atteint d’aucun handicap physique ou mental, et agir avec autorité.

Le calife doit posséder un territoire et y appliquer la charia. Si Al-Qaïda peut se contenter d’être un réseau terroriste clandestin, l’État islamique tire sa légitimité de l’occupation d’un territoire qu’il contrôle. Sans ce territoire, il n’est rien qu’une milice comme des centaines d’autres.

De plus, le califat n’est pas seulement une entité politique; c’est aussi un moyen de rédemption.

Selon l’idéologie de l’État islamique, le Musulman qui ne fait que croire en un seul Dieu et mener une vie pieuse est dans la même situation qu’un Protestant aux yeux du Catholique : il ne vit pas sous la « vraie » religion.

En s’acquittant de son devoir de prêter allégeance au califat et en assumant les obligations que cela comporte, le Musulman adhère complètement à la religion musulmane, selon l’État islamique.

Parmi les obligations des croyants, ceux-ci doivent immigrer au califat. Ceux qui persistent à supporter des gouvernements non musulmans en dépit d’avertissements, sont considérés comme des apostats et méritent la mort.

C’est le 5 juillet 2014, lors du ramadan (la période de jeûne annuel des Musulmans), que le chef de l’État islamique a proclamé officiellement son califat à l’occasion d’un sermon à la grande mosquée de la ville de Mossoul, en Irak.

Depuis, des dizaines de milliers de djihadistes se sont joints à lui. Sur ses 20 000 combattants d’un peu partout dans le monde, 3 400 seraient des Occidentaux.

Le califat permet de mettre en vigueur une grande quantité d’exigences de la charia qui lui sont spécifiquement adressées. Par exemple, les milices d’un califat sont les seules qui ont l’obligation stricte d’amputer les mains des voleurs pris en flagrant délit. Pas besoin de procès; être témoin du vol suffit.

L’État islamique ne peut prétendre constituer un califat sans gouverner un territoire. Il ne s’agit pas seulement de conquérir celui-ci, mais également l’administrer et y dispenser des services sociaux.

Les exigences de la charia concernent toutes les facettes de la société. La Loi Divine prévoit un certain nombre d’obligations pour le califat envers ses sujets. Celles-ci comprennent les mesures sociales suivantes : gratuité de l’hébergement, des aliments de base, des soins médicaux, des médicaments, des verres correcteurs, et même de l’habillement. Cela n’exclut pas l’enrichissement personnel par le travail.

La menace de l’État islamique

Contrairement à Al-Qaïda, l’État islamique ne possède pas de camps d’entrainement destinés à préparer des combattants à commettre des attentats à l’étranger.

Si l’État islamique invite ses sympathisants demeurés à l’Ouest et ceux qui ont failli à le rejoindre, à commettre des attentats terroristes, il ne semble pas qu’aucune des personnes qui ont réussi à joindre ses rangs n’en soit revenue.

De plus, si effectivement, quelques attentats ont été commis pas des amateurs frustrés et d’autres ayant échoué à rejoindre ses rangs, aucun de ses attentats n’a été financé par l’État islamique, contrairement à ce que fait Al-Qaïda.

Craignant qu’il s’agisse d’espions, l’État islamique confisque les passeports de toutes ses nouvelles recrues en provenance de pays occidentaux. Ceux qui tentent de quitter ses rangs sont exécutés à titre de déserteurs.

Le résultat est qu’aller combattre pour le califat est un aller simple. On peut revenir des camps d’entrainement d’Al-Qaïda ou de diverses milices de djihadistes un peu partout à travers le monde, mais pas de l’État islamique.

Certaines des mesures de la loi C-51 du gouvernement canadien prennent toute leur importance puisqu’ils visent à bloquer la propagande de l’État islamique destinée à ses sympathisants demeurés chez nous.

Ceux qui l’ont rejoint ne sont une menace immédiate que pour les États limitrophes du califat, au premier rang desquels, l’Iran.

En novembre 2014, le calife a fait connaître l’ordre de ses priorités; les Chiites (Iraniens et Irakiens), puis les partisans de l’Arabie saoudite, et enfin les croisés occidentaux.

Le talon d’Achille de l’État islamique

Pour vaincre un ennemi, il faut le connaître.

Tout comme les premiers chrétiens convertis au protestantisme, l’État islamique croit à l’imminence de la fin du monde.

Les étapes de l’apocalypse sont précisées dans la doctrine sunnite. Au total, le monde aura connu douze califes. Selon l’État islamique, son chef actuel est le huitième.

À l’approche de la fin des temps, les armées de Rome voyageront de Médine (en Arabie saoudite) afin de prendre position dans le nord de la Syrie, à proximité de la frontière turque. C’est dans la ville de Dabiq qu’ils périront.

Le magazine de propagande de l’État islamique porte incidemment le nom de Dabiq, ce qui souligne l’importance des prophéties de l’Islam pour le califat.

Ici les armées de Rome seraient, symboliquement, les forces pro-occidentales.

Après leur anéantissement par l’État islamique, ce dernier ferait la conquête de vastes territoires.

Mais un antéchrist, en provenance de Jérusalem, se rendra dans l’Est de l’Iran y regrouper une armée colossale d’ennemis de l’Islam qui tueront presque tous les combattants du califat; seuls environs 5 000 d’entre eux survivront.

Alors que tout semblera perdu, Jésus de Nazareth redescendra sur terre, harponnera l’antéchrist et mènera les Musulmans à la victoire finale et à la fin des temps.

Perdons de vue ce récit rocambolesque. Ce qu’il faut retenir, c’est que si des troupes hostiles prennent position à Dabiq après escale à Médine, toutes les milices de l’État islamique y viendront, attirées comme des papillons de nuit vers une lumière.

Ces troupes hostiles ne peuvent être des soldats occidentaux. Envoyer ces derniers faire escale en Arabie saoudite serait une erreur magistrale; le Coran interdit que des soldats impies foulent le sol sacré de l’Islam.

Il faut donc convaincre les pays voisins de l’État islamique, ceux qui sont directement menacés par son expansion territoriale, de se prendre en main et de mener eux-mêmes le combat contre l’État islamique, comme le font déjà la Jordanie et l’Égypte.

On comprend donc que l’intervention militaire du Canada — aussi populaire soit-elle auprès de l’opinion publique canadienne — est une erreur stratégique puisqu’elle tend à rassurer les pays voisins et retarde leur implication.

Une fois qu’une armée hostile de Musulmans « apostats » aura pris position à Dabiq, des bombardiers de l’OTAN pourront éradiquer facilement l’État islamique en le prenant au piège de son message apocalyptique.

Références
Attentats: la France veut l’aide de Google, Facebook et Twitter
Dabiq, le magazine de propagande de l’État islamique
Inside the Islamic State ‘capital’: no end in sight to its grim rule
Khmers rouges
4 questions pour comprendre l’État islamique
Quraych
Trou noir


La décaféination

21 février 2015
Grain de café

Les deux principales espèces de caféiers sont l’arabica (Coffea arabica, responsable de 74% de la production modale de café) et le robusta (Coffea canephora).

La teneur en caféine des grains d’arabica varie de 1,2 à 1,6% alors que ceux du robusta en atteignent de 1,6 à 2,6%.

Pour respecter les normes, un café est qualifié de décaféiné lorsqu’il contient 0,1% de caféine quand il s’agit de café en grains (moulu ou non). La teneur maximale est de 0,3% dans le cas d’un café soluble. Cette décaféination s’effectue avant la torréfaction des grains.

Comment retire-t-on la caféine des grains de café ?

Extraction à l’eau

L’eau peut faire l’affaire. Toutefois, ce solvant a le défaut de retirer également une partie de la saveur du café.

On passe donc l’extrait aqueux au travers du charbon de bois activé, ce qui retient la caféine et laisse passer une bonne partie de ce qu’on n’aurait pas dû enlever.

Il suffit de remettre l’eau avec les grains, d’évaporer le tout, et obtenir un café pas si mal.

Extraction aux solvants organiques

Les solvants chlorés — trichloréthylène et dichlorométhane, notamment — sont plus sélectifs. C’est également le cas de l’acétate d’éthyle, plus écologique.

Ces solvants retirent la caféine des grains, sans affecter de manière substantielle l’arôme du café.

On distille ensuite le solvant afin de le récupérer et on obtient de la caféine — qu’on raffine parfaitement ensuite — afin de la vendre aux fabricants de boissons énergétiques.

Extraction au dioxyde de carbone liquéfié

Le dioxyde de carbone est communément appelé gaz carbonique. Ce sont les bulles du champagne ou une partie de l’air que nous expirons.

À basse température ou sous haute pression, le gaz carbonique devient liquide. Il est incolore, inodore, non inflammable et non toxique. Il est capable de retirer 97 à 99% de la caféine du café. Pour toutes ces raisons, c’est le mode d’extraction le plus populaire.

Références :
Décaféination
Le CO2 supercritique appliqué à l’extraction végétale
Gaudette R. Secrets botaniques du café. Quatre-temps 2015; vol. 38 no 4: 18.

Détails techniques de la photo : Olympus OM-D e-m5 + tubes d’espacement de 16 mm et de 10mm + objectif M.Zuiko 40-150mm — 1/20 sec. — F/4,0 — ISO 6400 — 40 mm


Recrudescence de la violence en Afghanistan en 2014

19 février 2015

C’est en décembre 2014 que s’est achevé le retrait des troupes de combat de l’OTAN en Afghanistan.

En raison de l’intensification des combats au sol, cette année fut la plus meurtrière de la guerre dans ce pays depuis les six dernières années.

Selon les Nations Unies, il y eut 3 699 tués, dont 2 687 hommes, 298 femmes et 714 enfants. Il s’agit d’une augmentation de 25% par rapport à 2013.

Les civils tués l’ont été à 72% par des Talibans, à 14% par des forces gouvernementales, 4% par des mines explosives, et à 10% par une cause inconnue.

Quant aux civils blessés, leur nombre a atteint 6 849, soit une augmentation de 21% en comparaison avec 2013.

Ces données suggèrent une intensification de la lutte des Talibans en vue de reprendre le pouvoir par des moyens autres que démocratiques.

Qui dit retrait des soldats étrangers, dit également retrait des journalistes envoyés pour couvrir leur travail.

Les Talibans contrôlant déjà une bonne partie du territoire afghan, il est à prévoir qu’ils profiteront du retrait des forces d’occupation pour prendre le contrôle total du pays, à la surprise feinte des pays occidentaux.

Dans ce pays, le sort des mères monoparentales est peu enviable. Victimes de pauvreté, elles doivent souvent vendre leurs filles et retirer leurs garçons de l’école. Les veuves sont particulièrement vulnérables à la violence par des adultes de leur famille ou de leur entourage.

Références :
Afghanistan : 2014, année la plus meurtrière dans la guerre
In Afghanistan’s deadliest year, civilian casualties top 10,000 in 2014 – UN


Le contrat de l’Arabie saoudite au Canada : les soupçons…

18 février 2015

Mon texte d’hier fut écrit après avoir lu un article sur le site web de Radio-Canada relativement aux coûts de l’implication militaire du Canada contre les milices de l’État islamique.

À la suite de la publication de mon texte, je me suis rendu aussitôt sur le site de Radio-Canada pour en publier un résumé qui fut censuré sans que je sache exactement pourquoi.

Puis, quelques instants plus tard, j’ai résumé le tout encore plus brièvement, en réponse à une intervention d’un autre participant à la discussion (voir ci-dessous, la première des deux répliques).

Secret

Ce message a également été censuré. Ici « Contenu désactivé » est un euphémisme. L’auteur du message peut le voir à l’écran mais il est le seul.

Croyant que Radio-Canada, par crainte de poursuite, ne voulait pas qu’on nomme la compagnie General Dynamics, j’ai donc publié de nouveau ce message, cette fois en évitant de nommer cette compagnie. Nouvelle censure.

Conclusion : il est tabou de dire que le gouvernement Harper utilise l’armée canadienne à protéger l’Arabie saoudite en contrepartie de contrats d’armements.

À bien y penser, ce qu’il y a d’étrange, relativement à ce contrat, c’est la discrétion du gouvernement Harper à son sujet.

En deux mots, l’Arabie saoudite dépensera dix milliards$ sur quatorze ans pour acheter des véhicules blindés conçus et fabriqués dans une ville ontarienne.

Même pour un pays industrialisé, un contrat de dix milliards$, c’est important. Surtout quand ce pays possède la taille du Canada.

Normalement, le gouvernement Harper devrait se péter les bretelles — c’est une expression québécoise signifiant être fier de soi — et nous répéter à quel point il crée de l’emploi et fait prospérer l’économie canadienne. En somme, à quel point il mérite d’être reporté au pouvoir.

Étonnamment, après une annonce publique faite avec un minimum de décorum, le contrat est disparu de la propagande du gouvernement conservateur.

Lorsqu’on y pense comme il faut, 10 milliards$ sur quatorze ans, cela représente 714 millions$ par année. Et si, en contrepartie, il faut dépenser annuellement entre 242 et 351 millions$ pour protéger l’Arabie saoudite de l’État islamique, se peut-il que le gouvernement Harper se soit fait roulé ?

Par ailleurs, quand on pense que le contrat des F-35 représente une dépense de 45 milliards$ dont seulement 1% (un pour cent) sera dépensé au Canada, on doit conclure que le gouvernement Harper n’est vraiment pas très habile en concluant des contrats d’armements.

D’où peut-être sa discrétion au sujet de ce qui semble être, du moins pour l’instant, à un attrape-nigaud de la part de l’Arabie saoudite.

La bienveillance du gouvernement Harper à l’égard de cette dictature s’exprime également par le faible appui que le blogueur saoudien Raïf Badawi a reçu de notre pays.

Sans remettre en cause l’à-propos de sa condamnation pour délit d’opinion, notre gouvernement a néanmoins exprimé des réserves quant à la sévérité de la sanction (dix ans de prison et mille coups de fouet, principalement). On ignore combien de coups de fouet et combien d’années d’emprisonnement auraient satisfait le Canada.

Le gouvernement Harper ne peut pas en faire davantage, dit-on, parce que M. Badawi n’est pas citoyen de notre pays.

Le 12 février 2015, le Parlement européen a réclamé la libération inconditionnelle de M. Badawi. Ce dernier n’est citoyen d’aucun pays européen.

La crainte de la résiliation du contrat avec l’Arabie saoudite expliquerait-il la domesticité du gouvernement Harper à son égard ?

Références
Droits de l’Homme: Raif Badawi; fosses communes à Chypre; Bob Rugurika
General Dynamics: contrat de 10 milliards avec l’Arabie saoudite
Le Canada, serviteur de l’Arabie saoudite
Les miettes dorées du F-35


Le Canada, serviteur de l’Arabie saoudite

17 février 2015
© 2010 — Google Maps

On apprend aujourd’hui que le gouvernement Harper a dépensé entre 128 et 166 millions$ au cours des six premiers mois de la « mission canadienne » destinée à combattre les milices de l’État islamique en Irak.

Selon le rapport du Directeur parlementaire du budget, l’implication canadienne coutera entre 242 et 351 millions$ pour la première année.

En dépit de la répulsion que nous inspirent les pratiques barbares des milices de l’État islamique, le Canada n’est pas tenu en vertu d’un traité international à bombarder les installations des djihadistes.

De plus, le Canada n’a pas d’intérêts stratégiques à défendre; cette partie du monde ne produit pas de produits dont le manque paralyserait l’économie canadienne.

Tout au plus, est-il probable que le contrat de dix milliards$ que l’Arabie saoudite a accordé à la succursale canadienne de la compagnie américaine General Dynamics soit conditionnel à l’obligation secrète d’attaquer l’État islamique.

L’Arabie saoudite est dotée d’une armée très bien équipée (principalement par les Américains), mais qui ne possède aucune expérience de la guerre.

Par ses contrats militaires lucratifs de 285 milliards$ entre 2001 et 2008, l’Arabie saoudite asservit l’armée de différents pays à ses intérêts géostratégiques. Sans s’en douter, les soldats de ces pays deviennent donc, indirectement, des mercenaires de l’Arabie saoudite.

Les pays contractuels se chargent de convaincre leurs soldats qu’ils protègent la veuve et l’orphelin alors que leurs bombardements font souvent plus de victimes collatérales que parmi les rangs des d’insurgés. En effet, n’ayant que peu de soldats au sol, il est difficile de connaitre la nature exacte des cibles choisies.

L’État islamique est le résultat du gâchis abyssal de la politique américaine et britannique dans cette partie du monde.

Sous le principe naïf qu’il suffisait de renverser un tyran psychopathe (Saddam Hussein) en Irak pour semer la Démocratie parlementaire au coeur du monde arabe, les armées étrangères y ont provoqué la guerre civile.

Puis, désireuses d’abattre un allié de l’Iran (chiite), les pétromonarchies (sunnites), aidées de la Turquie et des États-Unis, ont provoqué la guerre civile dans le pays voisin, la Syrie.

Habilement, le régime de Bachar el-Assad s’en est pris aux insurgés syriens « modérés » afin de favoriser les insurgés radicaux et ainsi devenir la seule alternative raisonnable. Ces milices radicales se sont débarrassées de leurs rivaux affaiblis, leur ont pris leurs armes et sont devenus, tel que prévu, la seule vraie alternative à Bachar el-Assad.

L’État islamique a fédéré les rebelles radicaux en Syrie et est parti ensuite à la conquête d’une bonne partie du nord de l’Irak, s’emparant des armes laissées par l’armée irakienne apeurée.

Il y a quelques années, l’Arabie saoudite s’est fait prendre à verser 60 millions$ à Al-Qaïda à partir des coffres de l’État. Lorsque cela a été découvert, les motifs invoqués étaient qu’Al-Qaïda menaçait de commettre des attentats dans ce pays si celui-ci ne lui versait pas cette rançon.

En dépit de sa promesse de ne pas recommencer, ce pays est devenu officieusement la principale source mondiale du financement de groupes terroristes sunnites — tels qu’Al-Qaïda et les talibans — selon les télégrammes diplomatiques révélés par WikiLeaks.

Il n’est donc pas exclu de penser que les princes saoudiens puissent verser secrètement des sommes à l’État islamique afin que celle-ci s’abstienne d’envahir le royaume.

En fait, les milices de l’État islamique mènent des attaques un peu partout en Irak — même dans les zones chiites — mais, jusqu’à maintenant, aucune dans la zone de 200km qui longe de territoire saoudien. Le tour de l’Arabie saoudite viendra ultérieurement, mais pas pour l’instant.

On pourrait donc découvrir un jour que l’État islamique tuait nos soldats grâce, entre autres, à du financement saoudien. Mais tout cela n’est qu’une hypothèse.

Compte tenu de la durée inconnue de la guerre contre les milices de l’État islamique, combien le Canada est prêt à dépenser afin de protéger l’Arabie saoudite ?

Plus précisément, quelles sont les retombées économiques canadiennes du contrat accordé à General Dynamics et quelle est la somme maximale que le Canada est prêt à dépenser en Irak ?

Malheureusement, le gouvernement Harper, toujours aussi cachotier, ne nous permet pas de connaître les réponses à ces questions.

Références
General Dynamics: contrat de 10 milliards avec l’Arabie saoudite
La Défense nationale « a retenu des informations » sur les coûts de la mission en Irak
L’Arabie saoudite et le financement d’Al-Qaïda
Vente « record » d’armes à l’Arabie Saoudite
What ISIS Really Wants


L’immigration d’intégristes au Canada

15 février 2015

Le 12 février 2015, le premier Ministre du Canada annonçait de son intention d’en appeler d’une décision de la Cour fédérale ontarienne permettant à une personne de prononcer le serment de citoyenneté en étant complètement voilée à l’exception des yeux.

« Je considère, et je pense que la plupart des Canadiens considèrent offensant que quelqu’un cache son identité au moment où il s’engage dans la famille canadienne. », a déclaré le premier ministre sous les applaudissements de l’assistance.

Mais comment en sommes-nous arrivés là ?

Mme Zunera Ishaq est une femme d’origine pakistanaise qui a immigré au Canada en 2008. Sa demande d’immigration a été cautionnée par son époux, déjà citoyen canadien.

Elle a passé l’examen de citoyenneté à la fin 2013.

Toutefois, près avoir appris qu’elle devrait retirer son niqab en public afin de prononcer le serment, elle ne s’est pas présentée à la prestation de serment, choisissant plutôt de contester cette exigence devant les tribunaux.

Le juge Keith M. Boswell a tranché en faveur de la plaignante parce que cette exigence tirait son origine d’une simple directive ministérielle.

Or un immigrant reçu — c’est-à-dire qui habite le Canada — possède des droits constitutionnels que n’a pas le candidat à l’immigation demeuré dans son pays d’origine. Ces droits ne peuvent être annulés par simple directive administrative, et probablement pas non plus par une simple loi.

Il est donc hautement improbable que le gouvernement Harper gagne cette cause en appel. Aller plus loin sera un gaspillage des fonds publics. Puisque le gouvernement Harper déteste perdre la face, les contribuables paieront donc pour une cause perdue d’avance dont nous connaitrons peut-être l’issue après les prochaines élections fédérales.

En marge de cette affaire, Mme Ishaq a déclaré ne pas avoir d’objection à retirer son niqab lorsque cela est nécessaire à des fins de sécurité et d’identification, mais qu’elle n’accepte pas de le faire en public, à la vue de tous.

Ce que les Québécois souhaitent, ce n’est pas qu’une personne qui porte habituellement le niqab l’enlève pour la durée d’une cérémonie.

Ce que nous voulons, c’est qu’on refuse l’immigration de personnes comme elles. Ni elles, ni leurs maris, ni leurs enfants, ni les autres membres du clan familial. Personne.

Dans le cas de Mme Ishaq, il est trop tard; elle et son mari vivent déjà au pays.

Pour des raisons idéologiques, le gouvernement Harper a donné la citoyenneté canadienne à 35 000 Pakistanais en danger de mort parce que membres d’une secte hérétique de l’Islam.

Le dixième d’entre eux habitent Peace Village, à 50km de Toronto, présenté comme un modèle d’intégration alors qu’en réalisé, il s’agit d’un ghetto dans lequel les femmes portent le niqab et où on vit dans la plus stricte séparation des sexes (mariages arrangés en sus).

Selon la propagande officielle, ces Musulmans nous sont présentés comme des citoyens pacifiques et pieux (ce qui est vrai), victimes des fondamentalistes alors qu’ils ne sont qu’une variante de ce même fondamentalisme.

Nous sommes déjà aux prises avec des Canadiens qui se radicalisent au pays sous l’influence de leaders religieux intégristes. Alors pourquoi devrions-nous le faire exprès en acceptant de recevoir chez nous des gens qui le sont dans leur pays d’origine ?

De leur accession au pouvoir en 2006 jusqu’à la directive ministérielle de 2011, les Conservateurs ont donc mis cinq ans à réaliser que le port du niqab serait contraire aux valeurs canadiennes. Et ce, après avoir accepté au pays des milliers de femmes portant le niqab.

Si le gouvernement Harper était sincère, il pourrait simplement exiger que toute demande d’immigration — la loi exige qu’elle se fasse dans le pays d’origine du demandeur — soit effectuée à visage découvert, en présence d’officiers du sexe opposé.

Les maris seront donc interrogés par un officier de sexe féminin alors que les épouses interrogées par un officier de sexe masculin.

Tout refus de permettre cela entraînera le rejet automatique de la demande d’immigration.

De plus, les murs des bureaux de ces officiers devraient être placardés de photos de Canadiens de différentes origines et de différents métiers, dont au moins une photo, bien à la vue, d’une femme en bikini et d’un homme en maillot de bain.

À mon avis, cela est plus pertinent que d’afficher — obligatoirement depuis que les Conservateurs sont au pouvoir — une photo de la reine d’Angleterre.

Cela n’est pas compliqué et aucune poursuite judiciaire n’est possible. Immigrer au Canada n’est pas un droit; nous sommes donc libres d’accepter qui nous voulons, aux conditions que nous souhaitons.

Références :
Ex-immigration minister Jason Kenney ‘dictated’ niqab ban at citizenship ceremony, court told
Ottawa déterminé à interdire le niqab lors des cérémonies d’assermentation
Qui est dérangé par Peace Village?
Serment de citoyenneté à visage couvert: le fédéral va en appel

Paru depuis : Niqab et cérémonie d’assermentation : Une vérité constitutionnelle qui dérange


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