La cathédrale de Saint-Jérôme

27 mai 2015
Façade de la cathédrale

La ville de Saint-Jérôme est une municipalité d’environs 70 000 habitants située à 45 km au nord de Montréal.

Sa cathédrale, construite de 1897 à 1900, est l’oeuvre de l’architecte montréalais Casimir St-Jean. On lui doit également, l’église Saint-Jean-Baptiste, construite sur la rue Rachel à Montréal en 1914.

À l’extérieur, l’église de St-Jérôme était originellement de style romano-byzantin avec une façade multichrome et des clochers surmontés de coupoles en forme de mitre orthodoxe (remplacés en 1924 par des clochers pointus de style néo-gothique, plus conventionnels).

De plus, toujours en 1924, on lui a ajouté un portique semi-circulaire du plus bel effet, de même qu’une rosace.

Comme à ses débuts, la façade présente une tour centrale surmontée d’un clocher. Elle est flanquée de deux tours circulaires, coiffées de clochetons, dont les fenêtres allongées rappellent les meurtrières des châteaux forts.

Au moment où ces lignes sont écrites, cette cathédrale est une des rares églises catholiques du Québec — peut-être la seule — dont le clocher n’est pas surmonté d’une croix.

Coq destiné à surplomber la croix du clocher

C’est qu’en novembre 2014, des vents violents ont eu raison de cette croix. La nouvelle, surmontée d’un coq, attend dans une chapelle latérale son installation future.

Intérieur de l’église

La nef à trois vaisseaux est spacieuse. Originellement, le maître-autel — disparu depuis le Concile Vatican II — était surmonté d’un baldaquin imposant, supprimé en 1924.

Icônes derrière l’autel

Le tout a été remplacé par un autel sobre derrière lequel se trouvent cinq icônes de style byzantin, réalisées par deux soeurs bénédictines sous la direction d’Alexandre Sobolev.

Lampe du sanctuaire

La superbe lampe du sanctuaire, en argent, fait partie améliorations apportées en 1924.

‘Ecce homo’ (2011), de Pierre Leblanc

Dans le transept de droite, on trouve les fonts baptismaux, de même que le retable d’aluminium ‘Ecce homo’, créé en 2011 par le sculpteur Pierre Leblanc.

Chapelle de la reconnaissance

Dans le transept de gauche, dans la chapelle de la reconnaissance, on peut voir le vieil autel de l’église du Parc sur lequel le curé Labelle (1833-1891) – figure légendaire de la colonisation des Laurentides — célébrait la messe.

Normalement éclairée par son abondante fenestration, la nef bénéficie, au moment du culte, de l’éclairage électrique d’une série de lustres imitant celui, importé de Murano, qui fut donné en 1926 par une bienfaitrice et qui se trouve au centre de la nef, près du choeur.

‘Jésus bénissant les enfants’ (1923-1925), de Delphis-Adolphe Beaulieu

Toutes les fenêtres de l’église sont décorées de vitraux du montréalais Delphis-Adolphe Beaulieu (1849-1928). On lui doit également l’ensemble de treize verrières de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, située dans le Vieux Montréal.

Son style se caractérise par l’utilisation minimale des lignes de plomb. Par contre, les bordures sont très colorées et richement agrémentées de fioritures.

Confessionnal

On pourrait présumer de la vertu des Jérômiens puisque leur cathédrale ne compte que trois confessionnaux (si j’ai bien compté) dont un a été transformé en installation moderne.

Arrière de la nef

Dans la partie arrière de la nef, les grandes orgues de Casavent Frères datent d’avant 1912. Leurs tuyaux ne sont qu’en partie fonctionnels.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
  1re photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 160 — 13 mm
  2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 38 mm
  3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 12 mm
  4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 15 mm
  5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 38 mm
  6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 12 mm
  7e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 16 mm
  8e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
  9e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 20 mm
10e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 12 mm


La liste noire de l’Office de la langue française

26 mai 2015

La Charte québécoise de la langue française — c’est-à-dire la Loi 101 — comporte des dispositions qui visent à faire du français la langue d’usage normale et habituelle du travail, du commerce et des affaires au Québec.

En d’autres mots, la Loi 101 vise à faire en sorte que les Québécois francophones se sentent chez eux dans leur propre pays.

Pour les entreprises qui emploient cinquante personnes ou plus au Québec, la loi propose une démarche et des délais pour que l’implantation du français soit au cœur des activités de ces entreprises.

Toutefois, un certain nombre d’entreprises refusent obstinément de le faire. Rappelons que cette exigence ne s’applique pas aux petites entreprises familiales qui, pour des raisons bien légitimes, peuvent décider de travailleur dans une autre langue que le français, voire même dans une langue qui n’est ni le français ni l’anglais.

L’Office de la langue française publie donc une liste des entreprises multirécidivistes qui comptent au moins cinquante employés.

Celles qui sont sur cette liste noire ne peuvent recevoir aucun contrat gouvernemental, aucune subvention, aucun avantage de quelque nature que ce soit de la part de l’État québécois.

Cette liste comprend les 23 entreprises suivantes :

Astra Coffrage
41, rue Gaston-Dumoulin
Blainville (Québec) J7C 6B4

Concept S.G.A.
3160, boulevard des Entreprises
Terrebonne (Québec) J6X 4J8

Connecteurs électriques Weco
18050, autoroute Transcanadienne
Kirkland (Québec) H9J 4A1

Corporation de technologies GSC
160, rue Vanier
Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec) J3B 3R4

Corporation La Senza
1608, boulevard Saint-Régis
Dorval (Québec) H9P 1H6

Danson Décor
3425, rue Douglas-B.-Floreani
Saint-Laurent (Québec) H4S 1Y6

Les Développements Rekern
333, boulevard Décarie, 5e étage
Saint-Laurent (Québec) H4N 3M9

La compagnie Flying J Canada
10, boulevard de la Gare
Vaudreuil-Dorion (Québec) J7V 9J5

Garde confort
186, place Sutton, bureau 135
Beaconsfield (Québec) H9W 5S3

Hilton Garden Inn Montréal Centre-Ville
380, rue Sherbrooke Ouest
Montréal (Québec) H3A 0B1

Les Industries C.P.S.
30, chemin de l’Aviation
Pointe-Claire (Québec) H9R 5M6

Industries Lela
5315, boulevard Saint-Laurent
Montréal (Québec) H2T 1S5

Industries Lynx
175, rue Upper Edison
Saint-Lambert (Québec) J4R 2R3

Literie Primo
7000, rue Hochelaga
Montréal (Québec) H1N 1Y7

Maison Condelle (3291316 Canada)
2935, rue De Rouen
Montréal (Québec) H2K 1N9

Métal Leetwo
7800, route Transcanadienne
Pointe-Claire (Québec) H9R 1C6

Montréal Auto Prix
4900, boulevard Métropolitain Est
Montréal (Québec) H1S 3A4

Les Pavillons LaSalle
400, rue Louis-Fortier
LaSalle (Québec) H8R 0A8

Polinex Plastiques
2850, rue Botham
Saint-Laurent (Québec) H4S 1J1

Produits de fils de fer Laurentian
10500, rue Sécant
Saint-Léonard (Québec) H1J 1S3

Sir Winston Churchill Pub
1459, rue Crescent
Montréal (Québec) H3G 2B2

Systèmes David Brown
20375, avenue Clark-Graham
Baie-D’Urfé (Québec) H9X 3T5

TI Titanium
5055, rue Lévy
Saint-Laurent (Québec) H4R 2N9

Si vous reconnaissez une compagnie qui vous est familière, je vous invite à diffuser son nom par les médias sociaux afin que tous ses clients potentiels sachent qu’elle figure sur la liste noire de l’Office de la langue française.

On peut également consulter cette liste, directement sur le site de l’Office, en cliquant sur ceci


L’objectif Helios 40-2 85mm F/1,5 sur appareil m4/3

24 mai 2015
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La compagnie russe KMZ fabrique un objectif manuel de 85mm sous le nom d’Helios 40-2. La version pour Canon EOS porte le nom d’Helios 40-2-C tandis que celle avec une monture pour Nikon F est l’Helios 40-2-N.

Fabriqué de métal et de verre, l’Helios 40-2 pèse 951,8g lorsque combiné avec son adaptateur pour appareil m4/3.

À ouverture maximale du diaphragme, cet objectif manque de netteté. C’est seulement à partir de F/4,0 que la netteté devient excellente.

Ce qui nous amène à la question suivante : Pourquoi se procurer un objectif manuel de 85mm qui pèse près d’un kilo et qui n’est net qu’à partir de F/4,0 quand nous avons déjà l’objectif M.Zuiko 75mm, à mise au point automatique, qui pèse trois fois moins et dont la netteté est remarquable, même à ouverture maximale de F/1,8 ?

C’est qu’à ouverture maximale, l’Helios 40-2 crée des photos dont le bokeh est extraordinaire.

Le « bokeh » — qu’on prononce « beau quai » — est le flou d’arrière-plan d’une photographie permettant d’attirer l’attention sur le sujet principal. Plus il est crémeux, plus il est réussi.

Non seulement celui de l’Helios 40-2 est-il crémeux, mais tout ce qui scintille à l’arrière-plan forme un tourbillon de taches lumineuses autour du centre de l’image, c’est-à-dire autour du sujet principal.

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Le résultat est habituellement une image empreinte de douceur, où le sujet principal est nimbé d’une aura romantique.

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Ce style de photographie est aux antipodes des goûts contemporains, où la qualité d’une photo se juge d’abord et avant tout par sa netteté.

Toutefois, ce tourbillon de taches lumineuses ne s’obtient qu’à ouverture maximale et lorsque le sujet principal est placé devant une multitude de sources de lumière. Cela peut être ce ciel qu’on aperçoit entre les branches ou des fleurs pâles qui se distinguent sur un feuillage foncé. Bref, tout grand contraste de lumière suffit.

Autrement, on obtient un bokeh sans ce tourbillon de taches, et sans l’avantage de la netteté du sujet principal.

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Dans cet agrandissement, notez la semi-transparence des tiges des tulipes

Évidemment, on peut obtenir à la fois un bokeh crémeux et un sujet principal net en diminuant l’ouverture du diaphragme. Mais on perd alors toute possibilité de créer ce tourbillon de taches lumineuses qui fait tout l’attrait de cet objectif.

L’image ci-dessous est un agrandissement à 100% d’une partie d’une photo prise au Jardin japonais du Jardin botanique de Montréal. Elle montre tous les défauts de l’objectif; manque de netteté, halo autour des objets pâles et aberrations chromatiques.

Agrandissement à 100% d’une partie d’une photo

En plus de ces défauts optiques, l’Helios 40-2 possède un certain nombre de défauts mécaniques.

En premier lieu, le lubrifiant de sa bague de mise au point est trop visqueux. C’est ainsi qu’on jugera préférable d’avancer ou de reculer, plutôt que d’essayer d’ajuster la mise au point manuellement.

De plus, la sélection de l’ouverture du diaphragme avec l’Helios 40-2 est inutilement compliquée. Elle se fait en deux étapes plutôt qu’une.

À l’avant de l’objectif, l’Helios possède une bague sur laquelle sont gravées toutes ouvertures possibles, de F/1,5 à F/22. Il suffit d’aligner une ouverture — disons F/5,6 — avec le point rouge au-dessus pour qu’on ait alors déterminé la plage des ouvertures avec lesquelles on désire travailler, de F/1,5 à F/5,6.

On choisira une des ouvertures comprises dans cette plage en faisant glisser une autre bague gravée d’un point blanc.

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Le problème, c’est que dans la première des deux photos ci-dessus, alors que ce point blanc est sous F/5,6, c’est l’ouverture maximale (F/1,5) qui est choisie.

Par opposition, lorsque de point blanc est aligné avec le point rouge (sous F/1,5), c’est l’ouverture minimale désirée (F/5,6) qui est sélectionnée.

Pour éviter tout imbroglio, l’idéal est de bloquer le diaphragme à une seule ouverture possible en alignant l’ouverture désirée et le point blanc avec leurs points rouges respectifs.

En conclusion, si on accepte tous ses défauts — à la fois optiques et mécaniques — l’objectif manuel Helios 40-2 permet de créer des photos uniques et spectaculaires.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 12-40mm F/2,8 (les 1re, 9e et 10e photos) et Helios 40-2-C 85mm F/1,5 (les autres photos)
  1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 40 mm
  2e  photo : 1/3200 sec. — F/1,5 — ISO 200 — 85 mm
  3e  photo : 1/4000 sec. — F/1,5 — ISO 200 — 85 mm
  4e  photo : 1/4000 sec. — F/1,5 — ISO 125 — 85 mm
  5e  photo : 1/3200 sec. — F/1,5 — ISO 200 — 85 mm
  6e  photo : 1/2500 sec. — F/1,5 — ISO 200 — 85 mm
  7e  photo : 1/4000 sec. — F/1,5 — ISO 100 — 85 mm
  8e  photo : 1/4000 sec. — F/1,5 — ISO 125 — 85 mm
  9e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 26 mm
10e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 26 mm


La broderie au point de croix

23 mai 2015
Exemple de diagramme

Le point de croix est un mode de broderie réalisé d’après un modèle appelé diagramme.

De l’arrière de la toile, l’artisan — appelé crucifiliste — fait surgir son aiguille du coin inférieur gauche d’un carré : puis il la fait disparaitre au coin supérieur droit, laissant un trait oblique incliné vers la droite de fil à broder.

Il recommence l’opération pour tous les autres carrés successifs d’une même rangée qui, de gauche à droite, possèdent la même couleur.

Arrivé au bout de son segment de carrés de couleur identique, il revient en arrière, du coin inférieur droit au coin supérieur gauche, traçant un trait incliné vers la gauche qui complète le ‘x’ qui décore chaque carré.

Lorsque les segments de couleur identique sont rapprochés et lorsque le fil est d’une couleur claire, on peut passer d’un segment à l’autre avec le même fil.

Dans le cas contraire, on arrête le fil en le coupant après l’avoir passé à plusieurs reprises à l’arrière de la toile, sous les derniers carrés brodés.

Pour terminer, on remarquera que ce diagramme ci-dessus est en réalité une modification de la sixième photo publiée sur ce blogue il y a deux jours.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix Leica 42,5mm F/1,2 — 1/4000 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 42,5 mm. Photo modifiée à l’aide du filtre ‘Patchwork’ de Photoshop.


Pommetiers en fleurs

21 mai 2015
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Pommetier ‘Rudolf’
Amie des pommetiers
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L’arboretum occupe la partie nord du territoire occupé par le Jardin botanique de Montréal. C’est une vaste plantation forestière destinée à l’étude de diverses espèces d’arbres.

Tôt le printemps, les pommetiers y attirent les visiteurs en y présentant le spectacle de leur floraison.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 12-40mm F/2,8 (la première photo) et Lumix Leica 42,5mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 24 mm
2e  photo : 1/400 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 42,5 mm
3e  photo : 1/4000 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 42,5 mm
4e  photo : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 42,5 mm
5e  photo : 1/4000 sec. — F/1,2 — ISO 100 — 42,5 mm
6e  photo : 1/4000 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 42,5 mm


Trois tulipes rustiques

20 mai 2015
Tulipe sylvestre
Tulipe de l’écluse ‘Lady Jane’
Tulipa clusiana var. chrysantha

Voici trois tulipes de petite taille, très résistantes et qui demandent peu de soins.

La tulipe sylvestre est une plante indigène d’Europe aux fleurs entièrement jaunes.

Sa collègue de l’écluse est native du Moyen-Orient et des pentes himalayennes. Depuis, on l’a naturalisée dans les pays méditerranéens.

Tulipa clusiana var. chrysantha — qui est en fait une variété de tulipes de l’écluse — est originaire de Turquie. Elle est donc tout naturellement faite elle aussi pour vivre sous un climat méditerranéen.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix Leica 42,5mm F/1,2
1re photo : 1/4000 sec. — F/1,2 — ISO 160 — 42,5 mm
2e photo  : 1/80 sec. — F/11,0 — ISO 200 — 42,5 mm
3e photo  : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 42,5 mm


Les vitraux de l’ancienne église unie Erskine and American

19 mai 2015

Historique de l’église

Façade de l’église

Construite en 1893-1894 d’après les plans de l’architecte montréalais Alexander-Cowper Hutchison, l’église Erskine était originellement de confession presbytérienne. Elle porte le nom des frères Ebenezer et Ralph Erskine, fondateurs de l’Église sécessionniste d’Écosse (une secte presbytérienne).

De style néo-roman, elle est considérée comme l’exemple montréalais le plus éloquent d’une architecture religieuse inspirée de l’œuvre de l’architecte américain Henry-Hobson Richardson (1838-1886).

En 1925, l’Église méthodiste du Canada et 70% de l’Église presbytérienne se fusionnent pour donner naissance à l’Église unie du Canada. L’église Erskine devient alors l’église unie Erskine.

Nef, devenue salle de spectacle

À la faveur d’un remaniement de son intérieur en 1937-1938, on décide d’y intégrer les vitraux Tiffany réalisés entre 1897 et 1910 pour l’église presbytérienne American (située sur le boulevard René-Lévesque, devenue elle aussi unie et amalgamée à l’église unie Erskine en 1934).

Toutefois, en raison de la chute du nombre de ses fidèles, le temple de la rue Sherbrooke est finalement abandonné en juin 2004. En quête d’espace, le Musée des Beaux-Arts de Montréal saisit l’occasion et s’en porte acquéreur en 2008.

Le chef Christophe Rousset, le chœur La Chapelle de Québec et Arion Orchestre Baroque à la salle Bourgie le 17 mai 2015

L’arrière de l’ancienne église a été transformé pour donner naissance à un pavillon moderne de cinq étages consacré à l’art canadien et québécois alors que l’intérieur du temple est devenu une salle de spectacle de 444 places. L’ensemble des deux forme pavillon Claire et Marc Bourgie.

Les vitraux de Louis-Comfort Tiffany

Vitraux Tiffany du côté droit de la nef
Vitrail L’Ange
Détail du Christ bénissant les petits enfants

Comme beaucoup de temples presbytériens, l’intérieur de l’ancienne église est de forme circulaire : c’est un sanctuaire-auditorium doté d’un jubé en forme de fer à cheval. À gauche et à droite de la nef, la vingtaine de vitraux Tiffany constituent la plus importante collection de vitraux religieux Tiffany au Canada.

Illustre représentant de l’Art Nouveau en Amérique, Louis-Comfort Tiffany créa une multitude d’oeuvres de verre opalescent entre 1885 et 1927.

Ses recherches l’amenèrent à créer des morceaux de verre d’épaisseur variable afin de donner un effet tridimensionnel au drapé des personnages qu’il représentait.

De plus, en fusionnant des couches minces de verre opalescent colorées différemment et d’opacité inégale, il obtenait des effets d’ombre et de lumière au sein même de la pâte de verre. Toutes ces techniques sont représentées à Montréal.

Vitraux Tiffany du côté gauche de la nef
Le Bon Pasteur, réalisé en 1897 d’après un dessin de Frederick Wilson
Détail du vitrail Sainte Agnès

Ayant épousé en seconde noce la fille d’un pasteur presbytérien en 1886, Tiffany se consacra de manière croissante à la réalisation de vitraux d’église. Ce fut une excellente décision puisqu’après 1915, le style Art Nouveau périclita si bien qu’une bonne partie des vitraux réalisés pour des demeures bourgeoises ont été détruits, remplacés par des oeuvres plus modernes alors que d’autres de ces maisons n’existent plus.

On estime que dans la ville de New York, par exemple, plus de la moitié des vitraux Tiffany ont été détruits.

Le retour à la mode de l’Art Nouveau a été une occasion de réévaluer le travail de Tiffany, dont le statut est passé d’industriel d’objets utilitaires en verre à celui de verrier d’Art.

Les vitraux de Peter Haworth et de Charles-William Kelsey

Demi-rosace de la façade
Détail d’un vitrail de Peter Haworth

En plus des vitraux Tiffany, l’ancienne église Erskine and American est décorée également de vitraux créés à des dates inconnues par deux autres verriers.

La demi-rosace du temple est du verrier canadien d’origine britannique Peter Haworth. Dans les vitraux qu’il a réalisés ici, la chair de ses personnages inexpressifs est traitée en grisaille. Étrangement, c’est par le biais des éléments (le ciel et l’eau), de même que des vêtements et de l’auréole des personnages que la couleur est ajoutée à ses compositions.

Vitraux de Charles-William Kelsey

De son côté le montréalais Charles-William Kelsey a créé six vitraux comportant des motifs floraux situés dans la partie basse du sanctuaire.

Référence : Étude patrimoniale de l’église Erskine and American United

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
  1re photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  2e photo  : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 12 mm
  3e photo  : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 12 mm
  4e photo  : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 250 — 21 mm
  5e photo  : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
  6e photo  : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
  7e photo  : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 31 mm
  8e photo  : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
  9e photo  : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 21 mm
10e photo  : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 38 mm
11e photo  : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
12e photo  : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 21 mm


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