Quelques hémérocalles

30 juillet 2015
Hémérocalle ‘Mt Vernon’
Hémérocalle ‘Silk and Honey’
Hémérocalle ‘Pink Treat’
Hémérocalle ‘Mid-Winter Fire’
Hémérocalle ‘Thumbelina’
Hémérocalle ‘Honey Redhead’

Règle générale, les fleurs d’hémérocalle s’épanouissent le matin et se fanent la nuit tombée.

C’est pourquoi on les appellent en anglais daylilies, c’est à dire lis d’un jour.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 30mm F/2,8 Macro
1re photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 30 mm
2e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 30 mm
3e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 30 mm
4e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 30 mm
5e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 20 mm
6e  photo : 1/160 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 30 mm


Les hémérocalles

29 juillet 2015
Hémérocalle ‘Mt Vernon’
Hémérocalle ‘Gala Greetings’
Vue arrière de l’Hémérocalle ‘Gala Greetings’
Hémérocalle ‘Pink Charm’
Amateur d’hémérocalle
Hémérocalle ‘Skies Ablaze’

Les fleurs en trompette de l’hémérocalle durent rarement plus d’une journée. Elles ressemblent à des fleurs de lis.

Comme elles (et bien d’autres fleurs), celles de l’hémérocalle sont composées de trois pétales et de trois sépales traversés par une nervure centrale. Elles ont six étamines et un pistil.

Si les fleurs d’hémérocalle et de lis se ressemblent, les plantes elles-mêmes sont très différentes.

Aspect d’un plan d’hémérocalle

Linéaire, la feuille de l’hémérocalle pousse arqué vers le sol. Au-dessus du feuillage se dressent les tiges florales qui peuvent atteindre 1,7m de hauteur et porter jusqu’à cinquante fleurs qui s’épanouissent les unes après les autres.

Aspect de plusieurs lis

Par contre, le bulbe du lis donne naissance à une tige unique garnie de feuilles disposées en spirale ou en verticille. Cette tige se termine par une ou plusieurs fleurs groupées en bouquets terminaux.

Les lis orangés qui poussent à l’état sauvage le long de nos routes de campagnes sont en réalité des spécimens d’Hémérocalle fauve (une espèce très envahissante).

On compte plus de 60 000 variétés d’hémérocalle. Ces plantes sont comestibles, des fleurs aux racines. Si vous êtes perdus et affamés sur une route de campagne au Québec, vous savez maintenant quoi manger…

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs Lumix Leica 42,5mm F/1,2 + filtre Hoya à densité neutre ND8 (les deux dernières photos), M.Zuiko 75mm F/1,8 (la 3e photo) et M.Zuiko 40-150mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/200 sec. — F/7,1 — ISO 200 — 70 mm
2e  photo : 1/320 sec. — F/5,0 — ISO 320 — 150 mm
3e  photo : 1/400 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
4e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 115 mm
5e  photo : 1/640 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 150 mm
6e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
7e  photo : 1/2000 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 42,5 mm
8e  photo : 1/500 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 42,5 mm


Turquie vs Kurdes vs État islamique

28 juillet 2015

Les Kurdes

Les Kurdes constituent un peuple d’origine iranienne d’environ quarante millions de personnes. Leur langue est dérivée du perse (proche de la langue iranienne moderne) : conséquemment, ce ne sont pas des Arabes.

Au fil des conflits armés dans cette partie du monde, ce peuple s’est dispersé dans différents pays. De nos jours, on compte des Kurdes principalement en Turquie (12 à 15 millions), en Iran (de 6 à 9 millions), en Irak (de 5 à 7 millions), en Syrie (2,8 millions) et en Allemagne (près d’un million).

Kurdistan
 
En dépit de cette dispersion, les communautés kurdes habitent principalement au Kurdistan — un territoire sans reconnaissance internationale — qui chevauche le sud-est de la Turquie, le nord-est de la Syrie, le nord-est de l’Irak et le nord-est de l’Iran (voir ci-dessus).

De tous les Musulmans sunnites de la région, les Kurdes sont ceux qui font une plus grande place aux femmes. Et parce que leur foi musulmane se distingue de l’orthodoxie rétrograde prêchée par l’Arabie saoudite, ils sont considérés comme des hérétiques qui méritent la mort par les fondamentalistes sunnites (dont fait partie les militants de l’État islamique).

L’État islamique

En mettant fin au régime autoritaire de Saddam Hussein en Irak et en suscitant la révolte contre celui de Bachar el-Assad en Syrie, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Turquie et les pétromonarchies du Golfe ont provoqué le chaos dans ces deux pays, ce qui a favorisé l’émergence de l’État islamique (ÉI).

Selon l’idéologie de l’ÉI, le chiisme — une branche de l’Islam qui regroupe 10 à 15% des Musulmans — est une innovation dogmatique équivalente à une hérésie. L’État islamique se propose donc d’exterminer les 200 millions de Chiites dans le monde ou d’obtenir leur conversion forcée au sunnisme.

En novembre 2014, le califat a fait connaître l’ordre de ses priorités; s’attaquer aux Chiites (iraniens et irakiens), puis l’Arabie saoudite et ses alliés régionaux, et enfin les croisés occidentaux.

Afin d’atteindre leur première cible — l’Iran — l’ÉI doit traverser le Kurdistan. En somme, il lui faut faire la guerre aux Kurdes, ce qui est le cas depuis l’émergence de l’ÉI.

Talonné par les bombardements occidentaux, l’ÉI piétine face aux combattants kurdes. Son incapacité à les vaincre révèle son importance militaire mineure, ce qui tranche avec l’emballement médiatique que sa barbarie provoque chez nous.

Même si les pétromonarchies du golfe sont menacées par l’ÉI, le fait qu’elles sont au deuxième rang des priorités de l’ÉI est rassurant puisqu’elles savent que jamais l’ÉI ne viendra à bout de l’Iran, un pays de 80 millions d’habitants. Donc jamais l’ÉI ne pourra passer à sa deuxième priorité à moins d’inverser leur ordre.

Pour les pays du Proche et du Moyen-Orient qui sont hostiles à l’Iran, ce qui compte, ce n’est pas la victoire impossible de l’ÉI sur l’Iran; c’est l’affaiblissement de l’Iran provoqué par un conflit armé avec les milices de l’ÉI.

La Turquie

En permettant que les livraisons d’armes à destination des rebelles syriens traversent son territoire, la Turquie (comme bien d’autres pays) a favorisé l’émergence de groupes radicaux comme l’ÉI.

Les miliciens de l’ÉI gravement blessés en Syrie sont transportés en Turquie pour y être soignés. Par contre, les combattants kurdes qui tentent la même chose doivent attendre des heures à la frontière turque avant qu’on leur permette d’entrer au pays quand ils ne sont pas décédés entretemps.

Depuis l’émergence de l’ÉI, la Turquie a été frappée par plusieurs attentats de l’ÉI.

Jusqu’à tout récemment, ces attentats étaient impunis. Si bien qu’une partie croissante de la population turque (kurde ou non) accusait le président Erdoğan d’être complice de l’ÉI.

Officiellement, jusqu’ici, la Turquie était un membre passif de la coalition hostile à l’ÉI.

Dans les faits, elle ferme les yeux sur la contrebande de pétrole brut provenant de l’ÉI. Ce pétrole bon marché permet à son économie d’être plus concurrentielle.

Pour son pétrole, l’ÉI obtient 10$ du baril, soit un prix considérablement plus bas que le prix international. Ce pétrole est la principale source de financement de l’ÉI.

L’inertie du gouvernement du président Erdoğan contre l’ÉI a eu d’importantes répercussions politiques dans son pays.

Aux élections législatives turques du mois dernier, le parti de M. Erdoğan a perdu sa majorité parlementaire, entre autres à cause des 80 députés élus par un parti prokurde.

Depuis moins de dix jours, une série d’événements dramatiques provoque un bouleversement de la vie politique turque.

Le 20 juillet 2015, un suspect commet un attentat-suicide dans la ville turque de Suruç, située près de la frontière syrienne. L’attentat — qui a fait 32 morts et une centaine de blessés — visait un centre culturel kurde qui recrutait des jeunes en vue d’aider à la reconstruction de la ville syrienne de Kobani, libérée de l’ÉI par des combattants kurdes.

Furieux de l’inaction de l’armée, le 22 juillet, les rebelles kurdes assassinent en Turquie deux policiers à Ceylanpinar alors que le lendemain, ils font exploser un véhicule militaire sur une route de Diyarbakir, tuant un ou deux soldats et en blessant trois ou quatre autres.

Le même jour, un garde-frontière turc stationné dans la ville turque d’Elbeyli était tué cette fois par des combattants de l’ÉI à partir du territoire syrien. Cet incident frontalier est officiellement le facteur déclenchant de l’Opération martyr-Yalçın, une série de bombardements aériens turcs visant deux cibles; l’ÉI en Syrie et les combattants kurdes en Irak.

La volte-face d’Erdoğan vise plusieurs objectifs. En déclarant une guerre qui englobe à la fois les milices Kurdes et ceux de l’ÉI, le président turc rend acceptables aux yeux occidentaux des bombardements qui, dans les faits, ont principalement pour cible des combattants kurdes qui luttent contre l’ÉI.

C’est donc à la fois un coup de semonce adressé aux combattants de l’ÉI en Syrie pour qu’ils cessent de s’en prendre aux forces de l’ordre en Turquie et au contraire, un coup de main à leurs collègues en Irak afin de favoriser leur progression vers l’Iran (progression financée par le pétrole de l’ÉI vendu à la Turquie).

Le 24 juillet, deux chasseurs F-16 ont bombardé l’ÉI en Syrie alors que vingt chasseurs-bombardiers — dix fois plus — partaient bombarder principalement les combattants kurdes en Irak. Le lendemain, 105 chasseurs F-16 attaquaient l’ÉI et surtout les combattants kurdes (tuant le commandant Murat Karayılan).

Il est évident que les rebelles kurdes qui ont assassiné des soldats et des policiers en Turquie ne sont pas les mêmes que ceux qui sont occupés à combattre l’ÉI en Irak. En bombardant ces derniers, la Turquie affaiblit les miliciens qui s’opposent à la progression de l’ÉI vers l’Iran. C’est donc une série de bombardements qui vont à l’opposé de ce que cherchent à faire les pays occidentaux depuis des mois, dont le Canada.

Mais pourquoi ces derniers approuvent-ils la Turquie ? Parce que leur but n’est pas d’éradiquer l’ÉI mais plutôt de prolonger l’insécurité au Moyen-Orient. Cela signifie favoriser les combattants kurdes par moment, d’autres fois leurs adversaires. La Turquie sert maintenant de balancier.

Les principaux pays qui ont accepté de bombarder l’ÉI sont des producteurs d’armement. Créer de l’insécurité afin d’inciter des pays à s’armer auprès d’eux, déstabiliser les gouvernements forts de la région qui s’approvisionnaient en Russie ou en Chine, souffler sur les tisons des rivalités interconfessionnelles, tout cela est excellent pour leur secteur militaro-industriel. De plus, cela permet de tester concrètement l’efficacité de leurs armes.

Les autres membres de la coalition contre l’ÉI comprennent le double langage de la Turquie : ils pratiquent eux-mêmes ce double langage auprès de leur propre population.

Comme dit le proverbe, qui se ressemble s’assemble.

Références :
Avec les Kurdes du PKK, dans les montagnes d’Irak
Deuxième série de raids turcs contre l’EI et les rebelles du PKK
Derrière la riposte turque contre Daech et le PKK, le double jeu d’Ankara
Frappée par Daech, la Turquie riposte
‘Isis suicide bomber’ strikes Turkish border town as Syrian war spills over
Islamic State Blamed as Bomb Kills 31 Near Turkey’s Syria Border
Israël soigne des djihadistes d’Al-Qaïda blessés en Syrie
Kurdes
Operation Martyr Yalçın
La Turquie s’adresse au PKK : « C’est soit les armes, soit la démocratie »
Suspect identified in Turkish border town bombing
Turkey Arrests Nine in Deadly Bombings Blamed on Syria
Turkey–ISIL conflict
Turkish jets hit Kurdish militants in Iraq and Isis targets in Syria
Turkish newspaper columnist fired over tweet critical of Erdoğan
Turkish nurse: ‘I’m sick of treating wounded ISIL militants’
Turquie: la double bataille d’Ankara
Turquie : un officier assassiné, le gazoduc irano-turc saboté


Trois roses, cet après-midi

27 juillet 2015
Rosier floribunda ‘Southampton’
Rosier floribunda ‘Walking On Sunshine’
Rosier floribunda ‘Mardi Gras’

En prenant mon petit déjeuner sur mon balcon, j’ai aperçu un oiseau rare perché dans un arbre à proximité. Mais le temps d’aller chercher appareil photo et l’animal s’était volatilisé.

« Mais si j’allais au Jardin botanique », pensais-je. « Il a plein d’arbres : il devrait y avoir plein d’oiseaux. »

C’était bien logique. Mais cet après-midi, les oiseaux étaient ailleurs.

Mon prix de consolation fut les photos de quelques fleurs, dont celles-ci.

C’est la vie.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 50 mm
2e  photo : 1/320 sec. — F/10,0 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 120 mm


Publicité extrême

25 juillet 2015

 

Il arrive que des lecteurs de ce blogue soient également blogueurs.

En vérifiant sur son blogue l’extrait d’un de mes textes reproduit par valentin10 (que je remercie), j’ai découvert cette vidéo qu’il avait également recommandé à ses lecteurs.


Google et les sirènes de la bourse

21 juillet 2015
© 2008 — Wikipedia

Dans la mythologie grecque, les sirènes sont êtres fabuleux, mi-femmes mi-oiseaux, qui, en charmant irrésistiblement les marins par leurs chants, amènent les bateaux à échouer sur leurs récifs.

Vendredi dernier, les actions de Google qui ont transité en bourse se sont vendues soudainement plus cher (16,3% de plus) que les actions de Google vendues la veille.

En appliquant ce prix record à l’ensemble des actions existantes de Google, de nombreux quotidiens ont prétendu que Google venait d’engranger 65 milliards de dollars.

La réalité est bien différente.

C’est seulement au cours de l’émission de nouvelles actions qu’une compagnie reçoit de l’argent. L’argent ainsi obtenu sert généralement à augmenter la capacité de production de l’entreprise et conséquemment à créer de l’emploi. L’ensemble de la société bénéficie donc de cet accroissement de capital.

Mais une fois que ces actions ont trouvé preneurs, toute majoration ultérieure de la valeur de ces actions ne profite pas du tout à cette compagnie et ne crée aucun emploi. Cette majoration profite exclusivement aux investisseurs qui ont cru en cette compagnie au moment de l’émission de ces actions.

Donc Google n’a donc pas engrangé un seul centime vendredi dernier.

Quant aux investisseurs, ils seraient plus riches s’ils profitaient du prix record pour vendre leurs actions. Autrement, ils ne sont plus riches que sur papier. Leur fortune pourrait s’effondrer à n’importe quel moment.

Donc les seuls qui se sont vraiment enrichis vendredi dernier, ce sont ceux qui ont vendu leurs actions cette journée-là.

Et ce qu’ils ont gagné, ce n’est pas 65 milliards de dollars. Ce serait 65 milliards$ si tous ceux qui détiennent des actions de Google avaient réussi à vendre leurs actions ce jour-là au prix record.

Mais si tous les détenteurs avaient tenté de vendre leurs actions ce jour-là, ce titre se serait effondré au lieu d’augmenter.

Ce genre de nouvelle sert à leurrer les petits investisseurs en leur faisant croire qu’il est encore possible de s’enrichir, sans effort, en spéculant à la bourse.

En réalité, la bourse, c’est en grande partie du vent, c’est-à-dire un investissement dans l’économie futile qu’est la spéculation boursière.

Cette augmentation de 65 milliards$ de capitalisation boursière de Google a ceci d’extraordinaire : elle n’a créé aucun emploi. Le bénéfice pour l’ensemble de la société est donc nul.

À mon avis, la spéculation boursière effrénée est l’expression ultime de la décadence de l’Occident. C’est la roulette russe auquel se livrent les gens oisifs qui ne savent plus quoi faire de leur fortune.

Références :
Google fait un bond
La valeur de Google a bondi de 65 milliards de dollars en un jour
La valeur de Google a bondi de 65 milliards de dollars en un jour, un record
Pourquoi Google a gagné 65 milliards de dollars en un seul jour


La principale menace contre l’Occident : la Russie ou l’État islamique ?

18 juillet 2015

Introduction

Selon le nouveau chef d’état-major de la Défense canadienne, M. Jonathan Vance, l’État islamique (ÉI) constitue la principale menace contre l’Occident.

De son côté, le prochain chef des forces armées américaines, le général Joseph Dunford, estime que la Russie, suivie de la Chine et de la Corée du Nord constituent plutôt les trois menaces principales à la paix dans le monde. L’ÉI n’est qu’en quatrième position.

La Russie

Depuis qu’il est au pouvoir en Russie, Vladimir Poutine a transformé son pays en un État mafieux dont la montée en puissance est une menace contre ses voisins européens (pays baltes, Georgie, et Ukraine, entre autres).

Le contentieux entre la Russie et l’Occident tire son origine de l’extension de l’OTAN en Europe de l’Est. Depuis l’effondrement du rideau de fer, la grande majorité des anciennes républiques soviétiques ont été admises en tant que membres de l’OTAN; ce sont les pays baltes (Estonie, Lettonie, et Lituanie), la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie, la Hongrie, la Croatie, la Roumanie, la Bulgarie, et l’Albanie.

Les autorités russes prétendent que le président russe Mikhaïl Gorbatchev n’avait consenti à la réunification de l’Allemagne qu’après avoir obtenu l’assurance que l’OTAN ne chercherait pas à s’étendre vers l’Est.

Du côté occidental, cette prétention est démentie catégoriquement; jamais une telle garantie n’a été donnée à la Russie.

La question de savoir qui dit vrai est purement académique. Il est clair que la Russie ne peut pas accepter d’être encerclée de pays voisins qui pointent leurs canons contre elle.

De manière analogue, le président américain John-F. Kennedy ne pouvait pas accepter que l’Union soviétique déploie ses missiles à Cuba. Le blocus militaire américain lors de la crise des missiles était donc légitime.

Mais les anciennes républiques soviétiques ne sont pas des îles. Et en profitant de la faiblesse de la Russie après l’effondrement du bloc soviétique pour militariser contre elle ses anciennes républiques satellites, l’OTAN est aujourd’hui en position de force, au prix d’un accroissement de la tension diplomatique entre la Russie et l’Occident.

La Russie n’a pas de moyens d’empêcher un pays voisin de rejoindre l’OTAN autrement qu’en cherchant à déstabiliser son économie et en cherchant à faire en sorte qu’il soit dirigé par un gouvernement qui lui soit soumis.

En déployant ses missiles jusqu’aux frontières russes, l’OTAN a préparé la guerre. Mais elle n’a pas préparé la paix (ce qui n’était pas son rôle).

Conséquemment, grâce à nous, la Russie est redevenue une menace pour la paix.

Or cette menace ne peut être sous-estimée. De tous les pays hostiles à l’Occident, la Russie est de loin celui qui dispose du plus grand arsenal militaire. Dans ce sens, c’est notre principal danger.

L’État islamique

Comparé à la Russie, l’ÉI est un moustique. Cette organisation n’a réussi à conquérir de vastes territoires en Syrie, en Irak et en Libye que grâce à la stupidité de la politique étrangère américaine. En renversant les régimes autoritaires qui assuraient stabilité de la région, les États-Unis et le Royaume-Uni ont créé les conditions propices à l’émergence de l’ÉI.

Contrairement à Al Qaïda — qui entraîne une partie de ses combattants à commettre des attentats terroristes en Occident — l’ÉI ne constitue une menace que pour les États voisins, au premier chef desquels se trouve l’Iran.

Tout au plus adresse-t-il des menacettes aux pays qui le bombardent en appelant ses sympathisants demeurés dans ces pays — des amateurs — à commettre des attentats terroristes.

En fait, depuis des mois, l’ÉI fait du surplace. Après avoir conquis de vastes régions désertiques et quelques villes importantes, il se bute au territoire kurde situé sur son chemin vers l’Iran.

Mais pourquoi les pays occidentaux n’arrivent-ils pas à éradiquer l’ÉI ? Tout simplement parce que cela n’est pas leur objectif.

Les principaux pays qui ont accepté de bombarder l’ÉI sont des producteurs d’armement. Ces pays n’ont pas intérêt à ce que leur territoire devienne le théâtre de la guerre. Toutefois, une belle guerre lointaine est excellente pour leur économie.

Créer de l’insécurité afin d’inciter des pays à s’armer auprès d’eux, déstabiliser des gouvernements au nom de beaux grands principes, souffler sur les tisons des rivalités interconfessionnelles, tout cela est excellent pour leur secteur militaro-industriel. Et cela permet de tester concrètement l’efficacité de leurs armes.

La meilleure manière d’éradiquer l’ÉI est de tarir son financement. Or comment l’ÉI se finance-t-il ? De loin, par la vente de pétrole extrait du territoire qu’il contrôle. Et où est écoulé ce pétrole ? Par voie terrestre, par des centaines de camions-citernes qui font la navette entre l’ÉI et la Turquie.

La Turquie, n’est-elle pas membre de la coalition contre l’ÉI ? Oui. Mais comme de nombreux pays, elle tient un double discours. Officiellement, elle combat l’ÉI. Mais officieusement, elle ferme les yeux sur la contrebande de pétrole brut provenant de l’ÉI. Elle obtient du pétrole à bon marché qui permet à son économie d’être plus concurrentielle.

Mais un camion-citerne ne peut voyager sur du sable. Il lui faut circuler sur un sol ferme et conséquemment, emprunter des routes. Or il n’y a pas une infinité de routes qui mènent à la Turquie.

Depuis des mois, je cherche à savoir précisément quelles sont les cibles des bombardements du Canada. Or je n’ai pas réussi à trouver un seul texte qui le précise. Évidemment, on attaque l’ÉI mais cela est vague. Que bombarde-t-on au juste sur le territoire du califat ?

Ce qui est certain, c’est que si on avait cherché à détruire les routes qui mènent à la Turquie et les sites d’extraction du pétrole du territoire du califat, les caisses de l’ÉI seraient vides depuis longtemps.

Le Canada à lui seul a procédé à plus de deux mille bombardements, au coût d’un demi-milliard de dollars. Ce zèle sert à détourner l’opinion publique canadienne de la faillite des politiques économiques du gouvernement Harper.

Si par miracle le Canada réussissait à détruire l’ÉI — ce qui est impossible selon l’avis de tous les experts — est-il prêt à voir rentrer au pays des centaines de guerriers défaits qui n’auront qu’un seul but : se venger de leur défaite en commettant des attentats ici même au pays…

Conclusion

Le nouveau chef d’état-major de la Défense canadienne a raison; l’ÉI — surtout s’il est défait — représente une menace plus immédiate à la sécurité de chacun d’entre nous que la Russie.

Mais d’autre part, le chef militaire américain a lui aussi raison. Des attentats terroristes peuvent tuer des milliers de personnes : une guerre avec la Russie en tuerait des millions.

S’il est vrai que nos pays doivent envisager la possibilité éloignée d’une guerre mondiale, ce qu’il faut craindre dans l’immédiat, ce sont les attentats commis en réaction à la mort et à la désolation que nos gouvernements répandent un peu trop facilement à l’Étranger.

Références :
Bombarder l’État islamique, ça fait tellement du bien…
Le groupe EI est la principale menace de l’Occident, selon le nouveau chef d’état-major
L’État islamique : un trou noir
Plus de 10 000 djihadistes de l’EI tués
Vladimir Poutine

Paru depuis : Is ISIL running out of oil? (2015-07-19)


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